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Sarkozy refuse de se laisser voler le débat

COURNON D'AUVERGNE - Nicolas Sarkozy contre-attaque. Irrité de voir Ségolène Royal et François Bayrou «confisquer le débat», le candidat de l'UMP a prévenu vendredi qu'il «ne laissera personne voler aux Français le deuxième tour de l'élection présidentielle».

«Blessé» par les accusations de ses adversaires sur des pressions de sa part pour empêcher leur débat, M. Sarkozy a posé en victime en dénonçant un «délit de faciès».

A la veille du débat qui aura finalement lieu samedi matin entre Ségolène Royal et François Bayrou sur BFM-TV et RMC, le candidat de l'UMP, fort 31,18% du premier tour, s'est élevé contre le risque d'un «véritable déni de démocratie».

«Je ne laisserai personne voler aux Français le deuxième tour de l'élection présidentielle. Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier», a-t-il lancé.

Rappelant que le 22 avril les Français «ont choisi le débat qui leur semblait le plus décisif» en le qualifiant pour le second tour avec Ségolène Royal, il estimé que le devoir des deux finalistes était «d'éclairer les Français, dans la dignité, la clarté et la sincérité».

Dans cette campagne de second tour, «il n'y a pas de place pour l'aventure solitaire, il n'y a pas de place pour les coups médiatiques», a accusé le candidat de l'UMP dans une violente charge contre François Bayrou. Selon lui, «la politique n'est pas faite pour permettre aux hommes politiques d'exister dans les médias» mais «pour servir».

Il a mis ce comportement sur le compte de «l'amertume» du candidat UDF, stigmatisant la «hargne de mauvais perdants qui ne se résignent pas à quitter provisoirement la scène». Selon lui, «il y a des gens qui sont tellement convaincus d'avoir raison, tellement convaincus qu'ils ne peuvent qu'être promis à un destin exceptionnel, que leur défaite ne peut être que le fruit d'une odieuse manipulation».

Nicolas Sarkozy a récusé avec force toute pression de sa part sur les médias pour empêcher la tenue du débat entre Mme Royal et M. Bayrou. «C'est plus fort que le procès stalinien», s'est-il insurgé, s'estimant victime d'un «délit de faciès» et d'un «délit d'opinion». «Je ne laisserai personne me diffamer», a-t-il prévenu, menaçant.

«Bientôt, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux seront des fascistes!», s'est-il exclamé. «Cela leur permettra de trouver le point commun qui leur manque pour entrer en coalition avec le parti communiste et avec l'extrême gauche.»

A ses yeux, il s'agit pour «les adeptes de la pensée unique» qui «n'ont pas supporté» son score du premier tour «d'empêcher le peuple de décider». «Le peuple a choisi et ce n'est pas conforme à la pensée unique», a-t-il dénoncé, fustigeant «la coalition des rancoeurs et des déceptions».

Nicolas Sarkozy s'est présenté comme le «candidat du peuple français» face à Ségolène Royal, «candidate des partis et des combinaisons».

Le candidat de l'UMP, dans une allusion à l'affaire Markovitch, a comparé les attaques qui le visent à celles subies en son temps par Georges Pompidou, «qu'on a voulu salir, détruire en attaquant sa famille, son honneur et qui finalement a été élu». «Les Français ne sont jamais dupes de ces coups bas», a-t-il prévenu.

Cette réunion publique dans l'agglomération clermontoise a été l'occasion pour M. Sarkozy de rendre «un solennel hommage» à l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui a assisté au meeting au premier rang après l'avoir reçu dans sa maison de Chanonat. «Je tenais à l'encourager dans sa campagne après son brillant premier tour», a déclaré l'ancien président du conseil régional d'Auvergne.

Les encouragements reçus du fondateur de l'UDF tombent à pic pour le candidat UMP, au moment où les députés centristes lui apportent les uns après les autres leur soutien. Dernier en date, Charles de Courson a annoncé lors du meeting qu'il voterait Nicolas Sarkozy.

Le candidat a aussi profité de cette virée auvergnate pour rendre une visite amicale au socialiste Michel Charasse dans sa mairie de Puy-Guillaume. Même si ce dernier a assuré qu'il ne s'agissait que d'une «tradition républicaine», cette rencontre avec l'ancien conseiller de François Mitterrand sonnait comme une provocation à l'égard de Ségolène Royal. (ap)

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