Actualisé 15.09.2007 à 12:47

Sarkozy renvoie l'Eurogroupe dans les cordes et vise les 3% de croissance

PARIS - Répondant aux critiques de l'Eurogroupe sur le manque d'ambition de la France pour réduire son déficit budgétaire, Nicolas Sarkozy promet dans «Le Monde» daté de dimanche-lundi d'être «au rendez-vous» et se fixe pour objectif 3% de croissance, sans donner de date.

Réunis vendredi à Porto, les ministres des Finances et présidents de banque centrale de la zone Euro ont épinglé Paris sur son déficit budgétaire. En matière de réduction du déficit, «les ambitions de la France ne sont pas vraiment conformes à nos attentes», a notamment déploré Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe.

«Quelle initiative a-t-il prise?», lui répond vivement Nicolas Sarkozy dans «Le Monde», qui rapporte une conversation entre le président et des journalistes dans l'avion qui les ramène de Hongrie. «Sur le capitalisme financier, c'est Angela Merkel et moi qui menons le débat. Il n'est pas absurde que le président de l'Eurogroupe s'interroge», ajoute-t-il.

Nicolas Sarkozy promet néanmoins à ses partenaires européens d'être «au rendez-vous», notamment lors de son intervention mardi au Sénat devant la presse sociale. «Le 18 septembre, j'annoncerai un certain nombre de réformes qui seront applaudies des deux mains par les Européens. Je serai au rendez-vous», certifie-t-il.

Vendredi, le Premier ministre François Fillon a répété que Paris ramènerait ses finances publiques à l'équilibre dès 2010 si la croissance est au rendez-vous, et à défaut en 2012. Son prédécesseur Dominique de Villepin s'était engagé auprès de Bruxelles à remplir cet objectif dès 2010. Dans «Le Monde», Nicolas Sarkozy s'assigne un objectif ambitieux en matière de croissance et relativise la révision à la baisse des prévisions de croissance française pour 2007, par l'OCDE notamment.

«Que la croissance soit à 1,9% ou 2,3%, au fond, cela ne change pas grand-chose car, ce que je veux, c'est 3%», affirme le chef de l'Etat. «De toute façon, il faut faire les réformes pour gagner ce point de croissance».

Peu amène avec la Banque centrale européenne (BCE) et la politique de l'Euro fort durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy critique par ailleurs la façon dont la BCE et son président Jean-Claude Trichet ont géré la crise de liquidités provoquée cet été par l'effondrement du marché des crédits «subprime» aux Etats-Unis. «J'ai trouvé curieux d'injecter des liquidités sans baisser les taux», juge-t-il. «On a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs». (ap)

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