France - Grèves: Sarkozy reste inflexible malgré les grèves
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France - GrèvesSarkozy reste inflexible malgré les grèves

Le président français Nicolas Sarkozy est resté inflexible mercredi dans sa volonté de conduire jusqu'au bout sa réforme des retraites, malgré une mobilisation record de la rue mardi.

Le président Sarkozy a dit «que c'était un devoir de réaliser cette réforme et qu'on la mène donc jusqu'au bout», a rapporté la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, après le Conseil des ministres.

Le chef de l'Etat français a déclaré plus tard que le gouvernement ne pouvait «aller plus loin» dans les concessions, ont indiqué des députés quelques jours avant une nouvelle journée de manifestations prévue samedi.

«J'ai toujours dit que les manifestants devaient être respectés et que leur opinion devait être entendue. Mais la responsabilité du gouvernement et de la majorité, c'est de défendre l'intérêt général», a martelé de son côté le premier ministre François Fillon devant les députés.

Face à cette inflexibilité, les syndicats ne désarment pas. Mardi, pour la quatrième journée d'action depuis la rentrée contre cette réforme impopulaire, entre 1,2 et 3,5 millions de personnes (selon les sources) ont manifesté. Ce rassemblement constitue un niveau record de mobilisation. Et, fait nouveau, les jeunes ont fait leur entrée dans la contestation.

Les syndicats parient sur un nouveau succès des manifestations de samedi. «Le combat n'est pas terminé», a prévenu sur la radio BFM le patron du syndicat Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, estimant que le gouvernement était «responsable» du durcissement du mouvement.

Essoufflement dans les transports

Mercredi, le nombre de salariés qui reconduisaient la grève de la veille restait toutefois limité. Le mouvement affectait surtout le secteur énergétique. Huit des douze raffineries françaises étaient en cours d'arrêt.

Certaines stations-service connaissent déjà des difficultés en raison d'achats inhabituellement élevés d'automobilistes inquiets. Si les grèves se poursuivent, ils pourraient commencer à manquer de carburant la semaine prochaine. Une grève reconductible a aussi été votée pour 24h sur les trois terminaux de réception du méthane en France.

Côté transports, la grève dans les chemins de fer s'essoufflait, avec 24,6 % de grévistes, contre 40,4 % la veille, selon la direction de la SNCF.

Le trafic international était plutôt épargné avec un service normal sur Eurostar, huit Thalys sur dix, huit trains sur dix vers l'Allemagne et neuf sur dix vers la Suisse, mais en revanche aucun train de nuit n'a circulé, et notamment le Pau-Casals (Zurich- Barcelone).

Dérapages en marge des manifestations

Jeudi, la SNCF prévoit un Transilien sur deux en moyenne en heure de pointe, un TER sur deux, quatre TGV sur dix, un Corail sur trois et neuf Thalys sur dix. Le trafic Eurostar devrait être normal.

En revanche, avec la Suisse, au moins un aller-retour sera supprimé sur chacune des lignes Berne-Paris, Lausanne-Paris, Genève- Paris, ou encore Bâle-Bruxelles seront supprimés, ont indiqué les CFF. La SNCF en revanche annonçait que pour la Suisse, neuf TGV sur dix devaient rouler.

«Il faut trouver les moyens d'augmenter la pression sur le gouvernement pour qu'il entende cette revendication à la négociation», a dit Bernard Thibault, le leader de la CGT, l'un des deux principaux syndicats français, tout en se gardant d'appeler à une généralisation des grèves.

Mardi, 61 personnes ont été interpellées et 45 inculpées pour des faits présumés de violences, en marge des manifestations. Une lycéenne qui participait à une manifestation à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) a été blessée mercredi par un automobiliste qui a tenté de forcer le passage, a indiqué une source policière.

(ats)

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