Actualisé 30.06.2008 à 19:56

Sarkozy veut «provoquer un choc salutaire» en Europe

Nicolas Sarkozy a lancé lundi la présidence française de l'UE en affichant sa volonté de «rassembler toute la famille» européenne, tout en marquant nettement sa différence sur le prix du pétrole, la BCE ou l'OMC.

«Je voudrais provoquer un choc salutaire», a-t-il prévenu.

Pendant plus d'une heure, Nicolas Sarkozy a détaillé sur France-3 les priorités de la France pour les six prochains mois: paquet climatique, pacte de l'immigration, mais surtout «protection des Européens». Car «c'est l'idée européenne qui est en danger si on ne fait pas la protection des Européens».

Il a donc défendu à nouveau sa proposition de suspendre la TVA sur le carburant à partir d'un certain niveau de prix du pétrole, accueillie fraîchement par le reste de l'Union.

Mais Nicolas Sarkozy entend aussi obtenir des résultats d'ici la fin de l'année sur un autre dossier, plus franco-français: la baisse du taux de TVA sur la restauration, que la France réclame en vain depuis 2002, toute décision fiscale nécessitant l'unanimité des Etats-membres.

Il veut également progresser vers une réduction de 19,6% à 5,5% de la TVA sur la vidéo et les disques, et de la TVA sur les produits propres.

Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir par ailleurs s'en tenir au paquet climatique présenté par la Commission européenne, qui se fixe pour ambition d'augmenter les économies d'énergie et les énergies renouvelables de 20%, et de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de 20%. «Je vais essayer de convaincre mes 26 partenaires de ne pas le rouvrir pour qu'on l'adopte en l'état, avec sans doute une clause de revoyure».

«C'est sans doute le dossier le plus difficile de ma présidence», a-t-il souligné, prédisant que «le problème viendra des pays de l'est» soucieux de maintenir leur taux de croissance afin de rattraper les économies de l'ouest.

Il a en revanche renouvelé sa proposition d'instaurer «un mécanisme d'ajustement aux frontières» pour taxer les importations de pays qui ne respectent pas l'environnement, afin de protéger les industries européennes. Ce ne serait «pas une taxe protectionniste», mais «une taxe pour rééquilibrer la concurrence», a-t-il assuré, alors que l'idée divise les Européens.

Autre dossier épineux: le «non» irlandais au traité de Lisbonne, qui «complique notre tache». La question devra être résolue d'ici les élections européennes de juin 2009 et de la réponse dépendra l'adhésion de la Croatie à l'UE, a-t-il prévenu.

Le président français a par ailleurs balayé d'un revers de main les questions sociales: «le social n'est pas une compétence européenne. C'est une compétence nationale (...) L'Europe ne doit pas s'occuper de tout».

«Je ne veux pas tenir ce discours démagogique qui consiste à dire: c'est la faute de l'Europe», a assuré celui qui voulait visiblement se montrer lundi bon élève européen. «En tant que président de l'Union, je dois rassembler toute la famille, donc je ne dois pas commencer par faire des reproches», a-t-il souligné.

Reprenant des accents qu'il avait abandonnés ces derniers mois, il s'en est pourtant pris à la Banque centrale européenne, au risque de crisper d'emblée ses partenaires. La BCE «devrait se poser la question de la croissance économique en Europe et pas seulement de l'inflation», a-t-il lâché, alors que celle-ci envisagerait d'augmenter ses taux d'intérêts mercredi.

Il a aussi à nouveau critiqué le commissaire au Commerce Peter Mandelson. Il «voudrai(t) nous faire accepter un accord au terme duquel l'Europe s'engage à diminuer de 20% sa production agricole» dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. «Je ne le laisserai pas faire», a-t-il prévenu.

Concernant les Jeux olympiques de Pékin, Nicolas Sarkozy se réserve aussi le droit de décider seul de sa participation à la cérémonie d'ouverture le 8 août prochain: il donnera sa réponse en «début de semaine prochaine», en fonction des résultats du dialogue entre les autorités chinoises et le Dalaï lama. «Je dois consulter mes partenaires, mais je suis président français, quand même!». (ap)

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