Lausanne: Saturé, le M2 doit doubler sa capacité
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LausanneSaturé, le M2 doit doubler sa capacité

Le m2 a 5 ans. Fruit d'une prouesse technologique avec sa pente à 12% et sa voie unique, le métro lausannois doit relever un nouveau défi: doubler sa capacité, car il est à saturation.

En 2014, le M2 passera à une cadence de 2 minutes 30 aux heures de pointe. Le m2, premier métro automatique de Suisse, est victime de son succès. Il a transporté à ce jour plus de 120 millions de voyageurs. Sa fréquentation est en hausse constante: il a emmené 21,9 millions de passagers en 2009; ce sera environ 27,6 millions cette année.

Au départ, ses concepteurs visaient 25 millions d'usagers à terme, mais l'objectif a été atteint plus vite que prévu. «La fréquentation a dépassé les attentes», a reconnu mercredi Marc Badoux, directeur adjoint des TL (Transports publics de la région lausannoise).

Doubler la capacité

Revers de la médaille: les rames sont souvent bondées; aux heures de pointe, il faut parfois attendre le convoi suivant avant de pouvoir monter dans le métro. Pour y remédier, les TL ont établi un plan d'action qui vise à doubler la capacité d'accueil du m2 d'ici à 2020.

En août 2009, la fréquence a déjà été augmentée une première fois. Cet automne, l'intérieur des quinze rames a été réaménagé en espaces «court» et «long» trajet: dans les espaces «court trajet», les sièges peuvent être rabattus en cas de forte affluence. Une fois relevés, ils permettent d'absorber 30 personnes de plus par train.

L'an prochain, 14 des 15 rames circuleront (contre 12 actuellement) sur le réseau afin de faire passer la fréquence entre deux rames de 2 minutes 50 à 2 minutes 30. Cela augmentera la capacité de 12,5%.

A l'horizon 2020, la cadence devrait passer à 2 minutes aux heures de pointe. L'achat de nouvelles rames s'avérera alors indispensable. «Il faudra engager 18 rames», a calculé Marc Badoux.

Moins de pannes

Les pannes du m2 ont tendance à diminuer, selon les TL. «Les temps d'immobilisation sont passés d'environ 80 heures par an au début à moins de 40 heures aujourd'hui. Et dans les trois quarts des cas, les immobilisations durent moins de cinq minutes», a précisé Marielle Desbiolles, responsable de l'unité Production de l'offre.

Le métro, dont les rails sont électrifiés, n'a pas connu d'accident majeur. «Nous sommes restés dans la zone de l'incident grâce au grand professionnalisme de nos équipes», a ajouté Mme Desbiolles.

Le m3 pour l'avenir

L'avenir des transports publics dans la région lausannoise passe par la création du métro m3, qui est inclus dans le dossier «Axes forts» de la région lausannoise (avec le tram Lausanne-Renens). Le tracé est connu: le m3 devrait reprendre le tracé du m2 entre Ouchy et Grancy, puis doubler le tronçon saturé entre la gare et le Flon avant de rejoindre Chauderon et le plateau de la Blécherette.

Le dossier est en cours d'examen à Berne. «Nous espérons obtenir de la Confédération une part de l'ordre de 100 millions de francs, pour ce projet devisé entre 400 et 450 millions de francs», a expliqué Olivier Français. Le municipal lausannois espère pouvoir lancer le projet «cette décennie encore».

«Le projet va se faire, assure Olivier Français. Sinon, c'est l'asphyxie de la région.» (ats)

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