Saut à ski: Morgenstern n'en finit pas de planer
Actualisé

Saut à ski: Morgenstern n'en finit pas de planer

L'Autrichien, invaincu cette saison, a remporté son sixième concours de Coupe du monde d'affilée à Engelberg, entrant ainsi dans l'histoire. Andreas Küttel, 7e, a réalisé sa meilleure performance de la saison.

Le vent n'a pas été l'allié des Suisses. Soufflant subitement dans le dos des sauteurs au moment où Küttel et Simon Ammann s'élançaient dans la deuxième manche, il a perturbé les deux chouchous du public. «Si j'avais pu m'élancer cinq rangs plus tôt ou plus tard, cela serait bien mieux allé», a commenté Ammann, 12e.

Mais le Saint-Gallois n'en faisait pas une excuse. Avant d'être interrogé sur les conditions atmosphériques, il avait pris spontanément l'entière responsabilité de son résultat plutôt décevant: «Je manquais d'énergie pour garder la hauteur sur mon deuxième saut.» Une heure plus tôt, le champion du monde avait suscité bien des espoirs parmi le public (8000 spectateurs officiellement) en finissant la 1re manche au 5e rang, mais il n'a pas tenu.

Morgenstern sur sa planète

Küttel a fait le chemin inverse. Dixième après le premier passage, il a ensuite gagné trois places malgré un saut plus court de 2,5 m (124,5 m contre 127 m): «Je suis content, c'est mon meilleur résultat de la saison», a relevé le Schwytzois, jamais mieux classé que 9e jusqu'à présent. Reste que Küttel, sorti premier des qualifications la veille, n'a pu se départir d'une certaine crispation.

Morgenstern est lui plus détendu que jamais. Avec des sauts de 132,5 et 133 m pour un total de 260,4 points, l'Autrichien a devancé son compatriote Andreas Kofler (254,4) et le Norvégien Tom Hilde (252,9). Il est devenu du même coup le troisième sauteur de l'histoire à s'imposer six fois de suite sur le circuit, après les Finlandais Janne Ahonen (2004/05) et Matti Hautamäki (2005).

Personne n'a réussi la passe de sept à ce jour, mais Morgenstern s'y attellera dimanche sur ce même tremplin du Titlis pour le deuxième concours du week-end. D'ores et déjà, il est le premier homme depuis la création de la Coupe du monde en 1959 à gagner les six premiers concours d'une saison.

Toujours plus fort

Comme Simon Ammann après son doublé aux JO de Salt Lake City en 2002, Morgenstern (21 ans), médaillé d'or à Turin/Pragelato début 2006, a mis du temps à digérer son triomphe olympique. Il lui a fallu aussi maîtriser son tempérament. Victime d'une sérieuse chute à Kuusamo (Fin) il y a quatre ans, qui aurait pu être lourde de conséquences, il dit avoir tiré les conséquences de cet épisode: «J'ai appris à contrôler ma motivation. Auparavant, j'étais à 130 % même quand il y avait du vent», explique l'aigle assagi de Carinthie.

Véritable métronome mais aussi leader naturel en dehors des tremplins, Morgenstern emmène tous ses coéquipiers vers les sommets. Avec encore Gregor Schlierenzauer (4e) et Wolfgang Loitzl (5e), les Autrichiens occupent quatre des cinq premières places à Engelberg.

«Chaque victoire renforce encore ma confiance. Aujourd'hui, j'ai vraiment pris du plaisir et pu apprécier les montagnes alentour», a déclaré Morgenstern. «Thomas n'est pas imbattable, ce n'est qu'un être humain», a assuré Tom Hilde, qui tentera dimanche l'impossible exploit de détrôner l'Autrichien. Pas imbattable, mais reste à savoir comment. (si)

Ton opinion