Actualisé 18.11.2018 à 12:35

Tennis

«Savoir que je peux gagner me motive»

Après son élimination en demi-finale du Masters, battu par Alexander Zverev, le Bâlois a pris le temps d'évoquer sa saison et son avenir.

de
Oliver Dufour Londres
Reuters

C'est un Roger Federer plutôt serein qui s'est présenté à la presse, dans l'heure qui a suivi sa défaite aux mains du No 5 mondial. Le Rhénan a d'abord été prié d'expliquer son ressenti sur un moment crucial du match, où son adversaire allemand a demandé qu'un point soit rejoué, après qu'un ramasseur de balles a lâché une de ses balles à ses pieds.

Pensez-vous que la situation ait été gérée correctement? Etiez-vous perturbé?

Je ne sais pas exactement ce que sont les règles. J'étais surtout en train de me demander ce que j'aurais fait dans la même situation que Zverev. C'était audacieux de sa part d'arrêter l'échange, parce que je ne sais pas si un joueur peut le faire ou si c'est uniquement sur décision de l'arbitre. Pendant que vous jouez, ça peut vous traverser l'esprit, donc j'aurais probablement continué à jouer, sauf si la balle avait vraiment roulé sur le court. En fait je n'ai rien vu. La balle a rebondi? Roulé?

Elle a roulé un peu.

D'accord. C'est une décision difficile. Je n'ai rien vu, l'arbitre non plus, mais le ramasseur et le juge de ligne ont confirmé. A partir de là, que veut-on faire? C'est normal de rejouer le point. Et forcément que ça m'a affecté. Au lieu de me trouver en bonne position dans l'échange, je prends un ace. Sur le moment ça fait une différence.

C'est dans les règles, mais est-ce dans l'esprit du jeu?

Je ne vais surtout pas remettre en question la sportivité de Sascha. Encore une fois, c'était culotté, parce que l'arbitre aurait pu répondre: «désolé, mon pote, c'était dans l'échange et je n'ai rien vu. Je m'en fiche, tu perds le point». C'est pour ça que j'ai quand même voulu clarifier la situation avec l'arbitre. Mais ce n'était en aucun cas un problème de sportivité. A l'entraînement on interrompt sans arrêt des échanges lorsque des balles volent sur notre court depuis les courts voisins. C'est la vie, c'est le sport et je n'en veux à personne.

Pas même un peu au ramasseur? Lui avez-vous parlé après?

Non, mais peut-être qu'il vient dîner, je ne sais pas (rire)! Allez, souriez, ne soyez pas si sérieux, s'il vous plaît. C'était une blague. Je lui ai demandé sur le court s'il avait lâché la balle et il m'a répondu que oui. A partir de là, pas de problème, ça arrive. Tout va bien. J'espère qu'il n'en fera pas d'insomnie. Ce n'est pas grand-chose, en fin de compte. Je ne suis absolument pas furieux contre lui.

Vous étiez déjà parti, mais Zverev s'est fait huer après

Je comprends la situation, c'est malheureux. Ça arrive. Je n'ai jamais aimé qu'on hue les sportifs. On le voit tout le temps dans d'autres sports, mais dans le tennis c'est rare. Alors quand ça arrive, c'est très personnel et on se le prend de manière directe. C'était dur pour Sascha. Il ne méritait pas ça. Il n'y est pour rien, il a juste signalé ce qui s'était produit. Il s'est excusé et je lui ai dit: «mon pote, tais-toi, tu n'as pas à t'excuser pour ça. Bravo pour ce grand match et le reste du tournoi. Tout de bon pour la finale.» Et on passe à autre chose. Je suis sûr qu'il ne sera pas sifflé en finale. Ou du moins je l'espère. Je pense que les gens seront contents de voir une belle finale demain (ndlr: dimanche).

Vous êtes désormais en vacances. Quel regard posez-vous sur la saison 2018?

Un jour, Pete Sampras a dit: «si tu gagnes un Grand Chelem, c'est une bonne saison». J'ai très bien commencé, super bien joué en Australie. Alors forcément je me réjouis d'y retourner dans deux mois. La deuxième moitié de la saison aurait pu être un peu mieux, peut-être. J'ai toujours de grands espoirs de bien faire, donc je suis content d'avoir pu m'offrir des chances dans cette seconde partie aussi. J'ai perdu quelques matches serrés qui auraient peut-être pu tourner autrement. Wimbledon ou Bercy, peut-être. Et tant pis pour le 100e titre cette fois. Je vais continuer à respirer de l'air, même si je ne l'obtiens pas. Là je suis forcément déçu parce que je pense que j'étais tout près de la victoire ici. Mais en même temps ça me fait croire que je peux continuer. Je peux encore gagner. C'est motivant, d'une certaine façon. Dans l'ensemble je suis content de ma saison. Il y a plein de points positifs. Alors je suis excité à l'idée de revenir la saison prochaine.

Qu'est-ce qui manquait à cette seconde moitié de saison? Etiez-vous un peu trop passif dans les moments importants?

Dur à dire. Je ne veux pas toujours parler de ma blessure à la main. Ça ne doit pas être une excuse. Mais j'ai eu des problèmes avec et ça m'a certainement parfois cassé le rythme. Mais j'ai quand même bien joué à Stuttgart et Halle, dans ces circonstances. Ma main je l'ai ressentie longtemps. Même un peu ici, d'ailleurs. Mais ça s'est amélioré tout au long de la saison. J'espère qu'après les vacances ça aura enfin complètement disparu. Le positif, c'est que j'ai pu jouer et que je ne me sois pas plus gravement blessé. Mais c'est sûr que ça m'a affecté.

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