Berne: Scènes de far west au centre-ville de la capitale
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BerneScènes de far west au centre-ville de la capitale

Des dizaines de vandales ont forcé un bus à s'arrêter avant de le taguer, dans la nuit de vendredi à samedi à Berne. Ils ont ensuite attaqué la police avec des pierres et des bouteilles.

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miw/aha/ofu

Barrages routiers, fusées et pierres en guise de projectiles. Les personnes qui étaient de sortie ce week-end à Berne ont dû se croire dans un mauvais film. Car dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de minuit, une horde de personnes cagoulées s'est livrée à une bataille avec les forces de l'ordre en plein centre-ville.

«L'ambiance était pesante. Je me sentais comme dans un autre pays», a raconté un témoin à «20 Minuten». Le lecteur a vu plusieurs hommes, plus d'une dizaine, en train d'allumer des fusées éclairantes à la hauteur du Bollwerk, situé à deux pas de la gare. «Les vandales ont ensuite forcé un bus à s'arrêter pour le taguer. Le chauffeur et les passagers étaient complètement livrés à ces inconnus. Je suis sûr qu'ils ont eu peur.»

Pas de blessé

La situation a rapidement dégénéré lorsque les forces de l'ordre sont arrivées sur place. Les agents ont été attaqués par le groupe de personnes cagoulées. Des bouteilles, des engins pyrotechniques et des pierres ont été lancés sur les agents, explique la police cantonale dans un communiqué de presse. Les forces de l'ordre précisent qu'elles ont dû faire usage de balles en caoutchouc pour se défendre et protéger les passagers du bus. Les agents ne sont pas parvenus à interpeller les vandales qui se sont retirés dans le centre alternatif de la Reitschule. De quoi donner du grain à moudre aux détracteurs du lieu (lire encadré).

Bilan de la soirée: une voiture de police sévèrement amochée ainsi qu'un bus des transports publics tagué. Selon la police, personne n'a été blessé. Rolf Meyer, porte-parole de Bernmobil, explique qu'il faudra deux jours entiers pour remettre le car en état. Il refuse cependant de dire à combien se chiffrent les dégâts matériels.

Du grain à moudre pour les anti-Reitschule

Ces dernières années, les relations entre les politiciens et le centre alternatif ne sont pas au beau-fixe. En février dernier, une affaire de vandalisme d'un poste de police la remettait au centre des débats. Des élus ont demandé sa fermeture pure et simple. La Reitschule, construite à la fin du XIXe siècle, était une école d'équitation. En 1981, le lieu devient un centre autogéré, dans lequel sont organisés concerts et autres événements culturels. Dix-huit ans plus tard, un accord est trouvé avec la ville, qui officialise son existence. Mais cette reconnaissance n'empêche pas les oppositions. En 2010, deux-tiers des citoyens ont refusé de le voir fermer. Il s'agissait de la de la 5e votation du genre en 23 ans.

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