Actualisé 24.10.2009 à 13:10

AllemagneSchäuble aux Finances, Westerwelle aux Affaires étrangères

Wolfgang Schäuble, ministre de l'intérieur dans le gouvernement sortant d'Angela Merkel, sera ministre des finances dans le nouveau cabinet, a confirmé samedi devant la presse la chancelière allemande.

Agé de 67, il est un vétéran du parti conservateur.

Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant, M. Schaüble, cloué dans un fauteuil roulant depuis une agression en 1990, sera le seul ministre, avec la chancelière, à disposer d'un droit de veto.

«Il a ma confiance», a affirmé Mme Merkel, interrogée sur l'affaire des caisses noires du parti conservateur CDU qui avait notamment éclaboussé M. Schaüble au début des années 2000.

Ouvertement homosexuel

Guido Westerwelle, le chef du FDP qui a mis un terme à onze ans dans l'opposition pour les Libéraux, obtient le poste de ministre allemand des Affaires étrangères qu'il briguait de longue date, bien qu'il n'ait pas d'expérience internationale. Il sera le premier chef de la diplomatie ouvertement homosexuel en Europe, une situation aux implications incertaines lors de contacts avec certains pays répressifs.

Westerwelle hérite du portefeuille traditionnellement réservé à son parti, puisque le FDP a été aux commandes de la diplomatie allemande quasiment sans discontinuer de 1969 à 1998, en coalition avec les conservateurs de la CDU ou avec les sociaux-démocrates du SPD. Il sera aussi vice-chancelier.

Avocat de formation, âgé de 47 ans, habile orateur, il a imposé une ligne résolument libérale, aussi bien économiquement -prônant plus de libertés et toujours moins d'impôts- que pour les questions de sociétés.

Député depuis 1996, il n'a pas de réelle expérience internationale, mais la politique étrangère de l'Allemagne est fortement influencée par la chancellerie. Il a cependant déjà réussi à imposer que le nouveau gouvernement laisse la porte entrouverte à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne, alors que Mme Merkel ne voulait lui offrir qu'un «partenariat privilégié».

Proche de la chancelière Angela Merkel -ils se tutoient-, Guido Westerwelle avait tout misé sur une coalition «noire-jaune», les couleurs de la CDU et du FDP.

Arrivé à la tête du parti en 2001, trois ans après l'avènement de la coalition SPD-Verts menée par Gerhard Schröder, et une déroute du FDP tombé à 6,2% des suffrages, il a entamé un long travail de modernisation du parti.

Avec 14,6% aux législatives du 27 septembre, le FDP a signé son meilleur score en 60 ans. Et sauvé du même coup les projets de Mme Merkel, dont les Unions CDU-CSU ont réalisé leur plus piètre performance.

(ats/afp)

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