Pékin: Schneider-Ammann satisfait de sa visite en Chine
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PékinSchneider-Ammann satisfait de sa visite en Chine

Le président de la Confédération tire un bilan positif de ses trois jours passés en Chine. Les discussions n'ont toutefois pas été que sur le plan économique.

La rencontre vendredi avec le président chinois Xi Jinping a représenté le point fort du séjour du président de la Confédération.

La rencontre vendredi avec le président chinois Xi Jinping a représenté le point fort du séjour du président de la Confédération.

photo: Keystone

Johann Schneider-Ammann a achevé samedi à Shanghai sa visite officielle en Chine. A l'issue de trois journées passionnantes, le président de la Confédération s'est réjoui du succès des entretiens avec ses hôtes chinois et de la signature d'un «partenariat stratégique innovateur».

Alors que les deux premières journées du périple chinois de la délégation de 40 personnes emmenée par le président de la Confédération ont été consacrées aux discussions politiques, le volet économique était à l'honneur samedi à Shanghai. Le ministre de l'économie y a inauguré les nouveaux locaux du Swiss Center et a fait le tour de plusieurs entreprises helvétiques.

Jugeant la visite passionnante, le conseiller fédéral a aussi estimé que cette mission en Chine a représenté un succès. «Nous avons pu mener des discussions ouvertes», a déclaré M. Schneider-Ammann.

Au cours des deux journées précédentes, le Bernois s'est entretenu à Pékin avec plusieurs représentants du gouvernement chinois, dont le premier ministre Li Kegjang. Les discussions ont principalement porté sur des thèmes économiques, financiers, commerciaux et aussi scientifiques.

Berne, partenaire stratégique de Pékin

La rencontre vendredi avec le président chinois Xi Jinping a toutefois représenté le point fort du séjour du président de la Confédération. Les deux chefs d'Etat se sont engagés à collaborer de manière approfondie, dans le cadre d'un «partenariat stratégique innovateur».

Dans le cadre de leurs entretiens, les deux présidents ont longuement évoqué les relations bilatérales entre la Chine et la Suisse. A la faveur de ce nouvel engagement avec l'empire du Milieu, la Suisse fait désormais partie du cercle de 60 pays avec lesquels Pékin s'est engagé dans un partenariat stratégique.

«Si nous n'avons pas décidé de projets concrets, nous avons fixé la direction qu'ils doivent prendre», a déclaré Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral a notamment relevé le grand intérêt de ses hôtes pour le domaine des technologies liées à la protection de l'environnement. A ce titre, des coopérations sont envisageables alors que Pékin doit relever d'énormes défis en la matière.

Actuellement, la croissance de l'économie chinoise s'affaiblit et les taux de 10% affichés au début des années 2000 ne constituent plus des souvenirs, le produit intérieur brut (PIB) progressant désormais de quelque 6,8%. A long terme, le modèle à succès du développement de l'industrie et des exportations ne peut plus fonctionner. La Chine veut miser sur l'innovation et les services.

Nouvelle dynamique

La grande puissance et le petit Etat se retrouvent ainsi dans une thématique commune, l'innovation. La Suisse assume son rôle de pionnier dans le domaine, alors que la Chine souhaite acquérir davantage de nouvelles technologies et de savoir-faire. Aux yeux de M. Schneider-Ammann, les deux pays peuvent donner une nouvelle dynamique à leurs longues relations.

Les discussions, ponctuées au final par la signature de sept déclarations d'intention, sont parties intégrantes d'une longue histoire de coopération entre les deux pays, a relevé M. Schneider-Ammann. La Suisse figure parmi les premiers Etats de la planète à avoir reconnu le gouvernement communiste, et cela dès 1950.

Ces dernières années, la Suisse a oeuvré en tant que pionnier dans sa coopération avec la Chine, notamment avec la constitution d'un hub de négoce pour le yuan avec l'implantation à Zurich de China Construction Bank. Et un accord de libre-échange a été signé.

En dépit de certaines critiques, l'accord de libre-échange, en vigueur depuis la mi-2014, a connu un développement très réjouissant, selon le président de la Confédération. Toutefois, quelques «grains de sable» viennent encore perturber cette mécanique, a-t-il reconnu.

Droits de l'homme en arrière-plan

Au cours des premiers mois de 2015, la Suisse a représenté le 15e plus important partenaire commercial de la Chine. Les exportations helvétiques atteignent chaque année quelque 9 milliards de francs. Les importations se montent pour leur part à 12 milliards de francs.

Si les entretiens de M. Schneider-Ammann avec ses hôtes ont essentiellement porté sur des questions économiques, l'ancien entrepreneur a aussi évoqué la question «délicate» des droits de l'homme avec le président Xi Jinping. Ce dernier a assuré que le dialogue dans le domaine reprendra en mai prochain. Le conseiller fédéral a clairement signifié à son hôte que la Suisse attend de ses partenaires des pratiques d'Etat de droit et une sécurité juridique. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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