Actualisé 24.01.2011 à 13:53

Ministre de l'économieSchneider-Ammann veut des accords avec l'UE

Le ministre de l'économie veut de nouveaux accords avec l'Union européenne.

Pour Johann Schneider-Ammann, la voie bilatérale n'est pas encore épuisée.

Pour Johann Schneider-Ammann, la voie bilatérale n'est pas encore épuisée.

Johann Schneider-Ammann veut un 3e paquet d'accords bilatéraux avec l'Union européenne (UE). Le ministre de l'économie y voit un moyen de faire avancer les discussions institutionnelles ou concernant la fiscalité et l'électricité. Autre point fort pour le Bernois: la formation.

En charge depuis 85 jours, le conseiller fédéral a tenu à présenter lundi ses priorités, à la veille de l'ouverture du Forum économique mondial de Davos où il rencontrera une trentaine d'homologues. «Après presque trois mois, je peux dire que je suis en passe de devenir un membre du gouvernement et que je ne regrette pas ma décision», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

Le libéral-radical, qui ne se voit pas vraiment en «locomotive électorale» malgré les espoirs de son parti, a rompu une lance en faveur d'une intensification des discussions avec Bruxelles. La voie bilatérale est loin d'être épuisée, quoi qu'en disent certains au sein de l'UE, selon lui.

Un paquet des bilatérales III permettrait de sortir les négociations de l'ornière. Le fait de lier plusieurs dossiers accroîtrait la marge de manoeuvre alors que certains thèmes isolés peinent à progresser, aux yeux de Johann Schneider-Ammann.

Pas de protectionnisme

Il s'agirait de résoudre les questions institutionnelles entre la Suisse et l'UE. Le paquet pourrait aussi porter sur le marché de l'électricité, la fiscalité, les certificats concernant le CO2 ou le système de navigation par satellite Galileo.

Quant à la discussion sur le libre-échange agricole, il n'est pas question d'y mettre un terme, pour lui, malgré les craintes des paysans qu'il a assuré prendre au sérieux. De manière générale, le chef du Département fédéral de l'économie veut une agriculture misant sur les produits de qualité pour gagner de nouveaux marchés: «Pas question de retomber dans le protectionnisme agricole».

En relation avec la cherté du franc suisse, M. Schneider-Ammann a réitéré sa certitude: «La situation est sérieuse, mais ce n'est pas une crise». En période conjoncturelle difficile, il faut s'ouvrir à de nouveaux marchés afin de réduire aussi la dépendance vis-à-vis de l'Europe.

Priorité à la recherche

Et de miser sur une percée vers la conclusion d'accords de libre- échange avec l'Inde, l'Indonésie et la Chine. Son but: clore les discussions avec Pékin d'ici deux ans.

Le conseiller fédéral a insisté sur l'importance qu'il accorde à la formation, à tous les niveaux, et à la recherche, «le personnel bien formé étant la seule matière première de la Suisse». Interrogé sur sa position concernant la création d'un département de la formation, il s'est contenté d'assurer que la «formation est essentielle pour l'économie».

Au niveau intérieur, ce «partisan convaincu de l'économie de marché» compte optimiser la loi sur les cartels et la politique régionale. Son crédo: le marché du travail doit demeurer flexible.

Ainsi, même s'il assure soutenir le principe d'un salaire égal pour un travail égal, le Bernois refuse toute intervention de l'Etat pour combler les disparités salariales entre hommes et femmes. Idem de l'initiative populaire des syndicats en faveur d'un salaire minimal, dont le principe est fondamentalement faux à ses yeux.

Tourisme sponsorisé

Néanmoins, le conseiller fédéral est prêt à faire un geste en faveur du tourisme. Il va proposer prochainement au gouvernement d'accroître les moyens de cette branche pour contrebalancer la cherté du franc. En revanche, il s'est gardé de donner des indices concernant les nominations attendues d'un nouveau secrétaire d'Etat à l'économie et d'un chef de l'Office fédéral de l'agriculture.

Elue comme Johann Schneider-Ammann le 22 septembre au gouvernement, la socialiste Simonetta Sommaruga entend tenir sa conférence pour ses 100 jours de fonction le 1er février.

(ats)

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