Asile: Schwyz ne veut pas d'un centre de requérants
Actualisé

AsileSchwyz ne veut pas d'un centre de requérants

Le Conseil d'Etat schwyzois a écrit jeudi une lettre fâchée à Simonetta Sommaruga. Il y exprime son refus de voir s'installer un centre de requérants d'asile.

La Confédération veut installer dans la zone industrielle de Wintersried, un centre fédéral de procédure d'asile. Schwyz s'y oppose.

La Confédération veut installer dans la zone industrielle de Wintersried, un centre fédéral de procédure d'asile. Schwyz s'y oppose.

Keystone/archives

Le canton de Schwyz maintient son opposition à l'installation d'un centre fédéral de procédure d'asile dans la zone industrielle de Wintersried (SZ). Il juge inacceptable que la Confédération ait lancé une procédure d'approbation des plans, alors qu'elle avait promis de tenir compte de son avis. Il va recourir contre le projet.

Le Conseil d'Etat schwyzois a écrit une lettre à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga pour exprimer son refus, indique-t-il jeudi. Il fera recours contre la volonté de la Confédération dans le cadre de la procédure d'approbation des plans. «Nous aurions préféré éviter la voie juridique et trouver une solution politique, mais en lançant cette procédure, la Confédération a quitté le terrain politique», explique à Keystone-ATS le président du Conseil d'Etat Kaspar Michel.

Ce faisant, Berne «rompt sa promesse» de chercher et de choisir les sites accueillant les centres de procédure d'asile, en intégrant cantons, villes et communes concernés dans la prise de décision, dénonce l'exécutif schwyzois qui juge la méthode «inacceptable». Il a donc invité Mme Sommaruga à venir à Schwyz pour s'expliquer.

Nuisible pour l'essor économique

Le gouvernement du canton se bat depuis des années contre l'installation d'un tel centre sur le site concerné, situé entre Seewen (SZ), Schwyz et Brunnen (SZ), le long de la ligne ferroviaire du Gothard. Selon lui, ce choix nuirait au développement économique prioritaire de la zone. De son côté, la Confédération voit dans ce site la meilleure variante parmi 15 alternatives étudiées.

En lançant la procédure d'approbation des plans - l'équivalent d'une procédure d'autorisation de construire -, Berne veut s'assurer que la Suisse centrale disposera d'un centre fédéral de procédures d'asile accélérées dès 2022. Le centre fédéral provisoire du Glaubenberg (OW) fermera alors ses portes.

Décision d'ici à septembre 2019

Il n'est toutefois pas exclu que le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) renonce finalement au site schwyzois. Il se dit prêt à retirer la procédure d'approbation des plans, si la Confédération, les cantons et les communes se mettent d'accord d'ici à septembre 2019 sur une alternative équivalente.

La Confédération peine à boucler la liste des futurs centres fédéraux pour requérants d'asile. Cinq des dix-huit sites nécessaires à l'accélération des procédures d'asile restent à trouver.

La Suisse romande devra pouvoir héberger 1280 requérants d'asile. Le centre de procédure de Boudry (NE) prendra le relais de l'actuel centre de Vallorbe (VD). Deux centres de départ localisés à Chevrilles (FR) et au Grand-Saconnex (GE) pourront accueillir les requérants ayant reçu une décision négative. Mais il reste un site à trouver.

Test concluant à Zurich

La nouvelle loi sur l'asile entrera en vigueur le 1er mars 2019. Elle prévoit que les procédures d'asile doivent être menées dans un délai maximal de 140 jours tout en respectant les principes de l'Etat de droit.

La procédure d'asile accélérée est testée depuis 2014 à Zurich dans le cadre d'un projet pilote. La durée des procédures a été réduite de plus d'un tiers. Les recours ont aussi diminué d'un tiers. Par rapport à la période qui a précédé la phase de test, trois fois plus de requérants ont quitté volontairement la Suisse. Un centre fédéral est en construction à Zurich. Il doit ouvrir en automne 2019. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion