Genève - Scooters sur le trottoir: la fin d’une certaine tolérance   
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GenèveScooters sur le trottoir: la fin d’une certaine tolérance

L’Etat entend mieux faire respecter les règles pour les deux-roues, motorisés ou pas. Après une prochaine campagne de sensibilisation, les contrôles seront renforcés.

par
David Ramseyer
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Les scootéristes qui ont pris l’habitude de se garer sur les trottoirs sont prévenus: «Nous allons sensibiliser, informer, puis renforcer les contrôles et sanctionner», avertit Roland Godel, porte-parole du Département cantonal des infrastructures (DI). Ce dernier a annoncé jeudi le lancement d’une campagne «pour le respect des règles et des bons comportements» des deux-roues, motorisés ou pas.

La loi d’abord

Le stationnement illégal sur les trottoirs est particulièrement visé. Pendant des années, la pratique a bénéficié d’une certaine tolérance. Mais le Ministère public a vivement rappelé en 2017, lors de la législature précédente, qu’elle était interdite par la loi, pour les motos et les scooters (ndlr: le législation l’autorise par contre pour les vélos, pour autant qu’il subsiste 1,5m pour les piétons). Dès ce mois-ci, le Canton va entamer une campagne d’information. Puis, à terme, les contrevenants seront punis.

«Notre intention est de mettre fin à la problématique du stationnement illégal, alors que nous avons créé quelque 1600 nouvelles cases sur la chaussée et 600 dans les parkings, pour les motos ou les scooters, relève Roland Godel. Aujourd’hui, l’équilibre est correct.»

Les cyclistes aussi visés

Conseiller d’Etat chargé du DI, Serge Dal Busco (PDC) assure qu’il ne s’agit pas d’une campagne anti-deux-roues motorisés. «Les règles doivent s’appliquer à tous les usagers, y compris les cyclistes qui grillent des feux rouges ou empiètent sur des espaces réservés aux piétons, par exemple. Les utilisateurs de trottinette sont aussi concernés.» Tous ces adeptes de la mobilité douce s’exposeront aussi à des contrôles renforcés et à des sanctions au terme de la campagne de sensibilisation, promet le Canton.

Ce dernier entend «apaiser la situation» à Genève en matière de mobilité, pour «une meilleure qualité de vie, dans un esprit de développement durable». Selon Serge Dal Busco, pour parvenir à une «évolution harmonieuse (…) il est indispensable de rappeler à chacune et à chacun ses devoirs et ses obligations.»

Dialogue rompu et colère

Président du club de moto Norton Sport-Club Genève, François Vuille estime à titre personnel que le dialogue avec le Conseil d’Etat actuel est «inexistant». Selon lui, le magistrat Serge Dal Busco «veut clairement sortir de la ville tous les véhicules à moteur, y compris les voitures». Il note que 2200 cases supplémentaires pour moto et scooter, «ce n’est rien lorsque l’on sait qu’il y a 42’000 engins de ce type dans le canton». Enfin, il estime que «la répression envers les cyclistes fautifs est faible, comparée à celle qui touche les deux-roues motorisés».

Une mesure «disproportionnée»

De son côté, le TCS-Genève voit une «disproportion» dans l’action du Conseil d’Etat. «Il use d’un ton angélique pour parler de la mobilité douce et d’un ton bien plus répressif lorsqu’il s’agit d’engins motorisés», estime Yves Gerber, directeur de la section cantonale du Touring Club Suisse.

Ce dernier remarque ainsi que la police et la Fondation des parkings seront appelés à sanctionner ceux qui parquent leur véhicule sur les trottoir, mais que seules les forces de l’ordre seront mobilisées pour sanctionner les cyclistes fautifs, notamment. «En matière de sécurité routière, il me semble plus grave de rouler à vélo sans phare, par exemple, que de garer son scooter sur un trottoir, si on ne gène pas les piétons.»

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