Basketball – Scottie Pippen est amer contre Michael Jordan

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BasketballScottie Pippen est amer contre Michael Jordan

Dans sa biographie à paraître, l’ancien partenaire iconique de «MJ» reproche à ce dernier de s’être glorifié à l’excès dans la série «The Last Dance».

Michael Jordan (à gauche) et Scottie Pippen en discussion lors d’un match des Chicago Bulls en mai 1997.

Michael Jordan (à gauche) et Scottie Pippen en discussion lors d’un match des Chicago Bulls en mai 1997.

AFP

Il y a un an et demi sortait «The Last Dance». La mini-série coproduite par ESPN Films et Netflix, consacrée à la saison 1997-1998 des Chicago Bulls et de leur icône Michael Jordan, a réalisé un carton d’audience. Largement plébiscitée par le grand public, elle a reçu un accueil plus mitigé chez d’ex-adversaires de «MJ», comme Isaiah Thomas ou Clyde Drexler. Le documentaire ne fait pas non plus l’unanimité dans l’ancien vestiaire des Bulls. Les critiques tournent toutes autour du même grief: la tendance de Jordan - impliqué dans la production de «The Last Dance» via sa société Jump 23 - à s’attribuer tous les mérites en imposant au téléspectateur sa propre version des faits. «Je dirai que c’était divertissant mais nous savons, nous les coéquipiers qui étions là, qu’à peu près 90% de ce qui y est raconté est bidon par rapport à la réalité», réagissait Horace Grant auprès de ESPN en mai 2020.

Il est aussi de notoriété publique que Scottie Pippen a peu goûté le divertissement. Mais le légendaire bras droit de Michael Jordan aux Bulls ne s’était encore jamais exprimé en détails sur la question. Il l’a fait dans sa biographie, dont la parution est prévue dans quelques jours. Le mensuel GQ en a révélé une partie décapante.«J’ai reçu un texto de Michael. Il ne me contacte pas souvent: «Comment ça va mec? J’ai entendu dire que tu étais en colère après moi. J’aimerais qu’on parle si tu as le temps.» [...] Michael avait raison. J’étais en colère contre lui, à cause de «The Last Dance». Les deux derniers épisodes ont été diffusés le 17 mai. Comme les huit précédents, ils ont glorifié Michael Jordan sans faire suffisamment d'éloges sur moi et mes fiers coéquipiers. Michael méritait une grande partie du blâme. Les producteurs lui avaient accordé le contrôle éditorial du produit final. Le documentaire n'aurait pas pu être diffusé autrement. Il était l'acteur principal et le réalisateur.»

Scottie Pippen regrette amèrement que la mini-série ait été instrumentalisée pour nourrir la légende personnelle de «Sa Majesté», plutôt que celle de l’équipe: «Michael était déterminé à prouver à la génération actuelle de fans qu’il était plus grand que nature à son époque – et toujours plus grand que LeBron James, le joueur que beaucoup considèrent comme son égal, sinon supérieur. Michael a donc présenté son histoire, pas l'histoire de «The Last Dance».»

«Michael a présenté son histoire, pas l'histoire de «The Last Dance»»

Scottie Pippen, ancien partenaire de Michael Jordan aux Chicago Bulls

Celui qui a récemment été élu - sans contestation - parmi les 75 plus grands joueurs de l’histoire de la NBA pointe du doigt la construction des épisodes. «Même dans le deuxième, qui s'est concentré pendant un moment sur mon éducation difficile et mon chemin improbable vers la NBA, le récit est revenu à «MJ» et à sa détermination à gagner, écrit-il. Je n'étais rien de plus qu'un accessoire. Son «meilleur coéquipier de tous les temps», comme il m'appelait. Il n'aurait pas pu être plus condescendant s'il avait essayé. En y réfléchissant bien, je pouvais en croire mes yeux. J'ai passé beaucoup de temps avec cet homme. Je savais ce qui le faisait tiquer. Comme j'étais naïf de m'attendre à autre chose. Chaque épisode était le même: Michael sur un piédestal, ses coéquipiers secondaires, plus petits, le message n'était pas différent de quand il nous appelait à l'époque son «casting de soutien».»

«Son «meilleur coéquipier de tous les temps», comme il m'appelait. Il n'aurait pas pu être plus condescendant s'il avait essayé»

Scottie Pippen
Scottie Pippen et Michael Jordan ont évolué 10 saisons ensemble à Chicago.

Scottie Pippen et Michael Jordan ont évolué 10 saisons ensemble à Chicago.

AFP

«Au cours des semaines suivantes, j'ai parlé à un certain nombre de mes anciens coéquipiers qui se sentaient tous aussi peu respectés que moi, poursuit-il. Comment Michael ose-t-il nous traiter de la sorte après tout ce que nous avons fait pour lui et sa précieuse marque? Michael Jordan n'aurait jamais été Michael Jordan sans moi, Horace Grant, Toni Kukoc, John Paxson, Steve Kerr, Dennis Rodman, Bill Cartwright, Ron Harper, BJ Armstrong, Luc Longley, Will Perdue et Bill Wennington. Je m'excuse auprès de tous ceux que j'ai laissés de côté. Je ne dis pas que Michael n'aurait pas été une superstar où qu'il se soit retrouvé. Il était si spectaculaire. Juste qu'il s'est appuyé sur le succès que nous avons obtenu en tant qu'équipe pour le propulser à un niveau de renommée à travers le monde qu'aucun autre athlète, à l'exception de Muhammad Ali, n'a atteint dans les temps modernes.»

Par ailleurs, Scottie Pippen révèle une petite indiscrétion, en guise d’ultime coup de poignard: «Michael a reçu 10 millions de dollars pour son rôle dans le documentaire tandis que mes coéquipiers et moi n'avons pas gagné un centime, un autre rappel de l'ordre hiérarchique d’antan.»

Si Michael Jordan a renforcé son pouvoir d’attraction avec «The Last Dance», il n’a pas fait que du bien à ses relations personnelles…

(Sport-Center)

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