Actualisé 11.04.2011 à 07:14

Législatives au NigeriaScrutin marqué par une série d'attentats

Malgré des violences tout au long du week-end, les Nigérians sont allés massivement voter samedi pour les élections Législatives.

Un poste de police a été visé par un attentat vendredi 9 avril.

Un poste de police a été visé par un attentat vendredi 9 avril.

Les Nigérians se sont déplacé en masse pour les élections Législatives, pour tant reportées deux fois. Le scrutin a été toutefois marqué par des attentats à la bombe qui ont fait au moins treize morts.

A 21h00, un tiers des sièges à la Chambre des représentants avaient déjà été attribués et le PDP en remportait un peu plus de la moitié. Dans la Chambre sortante, le parti présidentiel détenait 77% des sièges.

Le PDP au pouvoir a perdu du terrain face au parti d'opposition Action Congress of Nigeria (ACN) dans le sud-ouest du pays et face au Congress for Progressive Change (CPC) dans certaines régions du Nord. Mais il progressse dans plusieurs autres régions.

Malgré les attentats, officiels comme activistes ont estimé que ce scrutin s'était déroulé dans de meilleures conditions qu'habituellement dans la nation la plus peuplée d'Afrique.

«De manière générale, la plupart des gens vous diront que l'élection d'hier s'est mieux déroulée que tous les précédents scrutins depuis 1999», année du retour aux régimes civils, a estimé Chidi Odinkalu de l'organisation de défense des droits de l'homme Open Society Justice Initiative.

Trois bombes

Pourtant, une bombe a explosé vendredi dans un bureau de vote près d'Abuja, dans le centre du Nigeria, faisant treize morts et 38 blessés. Un deuxième attentat a eu lieu dans la journée de samedi dans un bureau de vote à Maiduguri, dans le nord-est.

Une troisième bombe a explosé dans la soirée dans un centre de collecte des bulletins de la même ville. Les bilans des attentats de Maiduguri n'étaient pas connus immédiatement.

Un responsable du parti au pouvoir a été tué dans l'Etat de Borno par un tireur non identifié, a-t-on appris de sources policières. Plusieurs incidents ont également été signalés dans le delta du Niger, où des incidents électoraux et des violences se sont souvent produits dans le passé.

Des hommes armés ont aussi attaqué vendredi à Shani, dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du pays, un poste de police où des agents électoraux étaient en charge de la surveillance du matériel électoral, tuant quatre personnes.

Sécurité renforcée

Le président Goodluck Jonathan, qui briguera un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle du 16 avril, a ordonné le renforcement de la sécurité dans les locaux de la Commission électorale dans tout le pays.

Les législatives marquaient le début d'un marathon électoral qui doit se poursuivre avec la présidentielle. Selon Attahiru Jega, le responsable des élections, la participation pourrait se situer entre 75 et 85%, mais aucune évaluation officielle n'était encore disponible.

Scrutin déjà reporté

Ces élections, qui se déroulaient dans la quasi-totalité des circonscriptions du pays, avaient été reportées samedi dernier au 4 avril puis au 9 avril, en raison de l'absence de matériel électoral et de personnel dans un grand nombre de bureaux de vote. «Je pense qu'aujourd'hui, ce sera différent», la Commission électorale «est prête», a déclaré Fatai Awofolaju, un responsable des élections à Lagos.

Dans l'Etat de Bayelsa, d'où est originaire le président Goodluck Jonathan, ils ont ouvert avec 90 minutes de retard. Avant de voter, le président a dénoncé des «éléments anti-sociaux qui veulent faire échouer le processus de vote». «Ils n'y arriveront pas», a-t-il dit.

Dans un peu plus de 10% des circonscriptions où les bulletins de vote n'ont pas pu être imprimés à temps, les législatives se dérouleront le 26 avril, date des élections des gouverneurs et des assemblées des 36 Etats de la fédération. Ce report concerne 15 circonscriptions sénatoriales sur 109, et 48 circonscriptions sur les 360 qui élisent des députés à la Chambre des représentants.

Le scrutin devait permettre de tester la capacité du pays le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, à organiser des élections libres. Les précédents scrutins au Nigeria ont été émaillés de fraudes et de violences. Depuis novembre, l'ONG Human Rights Watch a comptabilisé 85 morts dans des violences pré- électorales. (ats)

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