Actualisé 27.11.2015 à 10:13

GenèveSDF sorti de la rue grâce à une vague de solidarité

Un bon samaritain a demandé à ses amis Facebook d'investir 1 fr. par mois pour aider une personne démunie. Il est depuis submergé par des dons venus du monde entier.

von
tpi

«J'étais en train de faire le plein de ma Bentley et là, je l'ai vu, encore une fois, et j'ai su que je ne pouvais pas le laisser dans ce froid.» Cette année, le conte de Noël arrive avec un mois d'avance. Entrepreneur à succès, Filipe est à l'origine d'un extraordinaire élan de solidarité amorcé depuis lundi à Vernier.

Le quadragénaire a décidé de venir en aide à Vito, un sans domicile fixe de 54 ans qui sillonne le quartier depuis des années: «Mais je ne voulais pas intervenir tout seul, je souhaitais que l'effort soit collectif.» Via les réseaux sociaux, il a demandé à ses amis de donner 1 fr. par mois, pendant six mois. «Avec 1000 personnes, on avait de quoi lui donner un toit et trois repas par jour pendant la période froide», avait calculé Filipe.

Mais c'était compter sans la générosité de ses proches et de ses moins proches. «Je reçois plus de 1500 messages par jour pour des promesses de dons, certains viennent du porte-avions Charles-de-Gaulle, c'est fou!» Ses posts sur Facebook atteignent jusqu'à 50 000 «like». La somme prévue au départ devrait être largement dépassée. Un premier décompte sera effectué lundi. Ce jour-là, Vito prendra possession de sa chambre, trouvée grâce à la solidarité de commerçants verniolans. Par souci de transparence, toutes les dépenses seront publiées sur le web.

Filipe aimerait ensuite que l'excédent de dons serve à des opérations similaires, pourquoi pas pilotées par Vito lui-même.

«C'est une étape»

Travailleur social auprès de l'association genevoise Carrefour-­Rue, qui vient en aide à des personnes en grande précarité, Yann Aebersold salue l'initiative. Mais souligne le besoin d'accompagner les personnes. «L'argent est indispensable mais ne suffit pas toujours, prévient-il. Convaincre un bailleur d'accueillir une personne sans abri est parfois compliqué. Et avoir un toit est une étape. Le chemin vers la réinsertion est ensuite long.» Entre 500 et 1000 personnes seraient sans abri dans le canton de Genève.

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