Actualisé 23.04.2012 à 08:23

Etats-UnisSDF transformés en bornes wifi ambulantes

Une agence de communication britannique a provoqué une controverse aux Etats-Unis en transformant des sans-abri en bornes internet, gagnant leur vie en proposant un accès à la toile.

von
man
Sur le site homelesshotspots.org, l'agence BBH propose de trouver les bornes wifi via une carte Google.

Sur le site homelesshotspots.org, l'agence BBH propose de trouver les bornes wifi via une carte Google.

L'agence Bartle Bogle Hegarty (BBH) a lancé l'expérience à l'occasion d'un festival mêlant musique, cinéma et technologies à Austin (Texas, sud), appelé South by Southwest (SXSW), qui s'est ouvert samedi et se tient jusqu'au 18 mars.

Elle a doté treize SDF volontaires d'émetteurs de réseau internet (MiFi) de 4ème génération, les habillant de tee-shirts signalant l'initiative. Le passant tenté peut réclamer une connexion d'excellente qualité pour son ordinateur, sa tablette ou son téléphone, qu'il paie via internet le prix qu'il souhaite. L'ensemble des profits est reversé au SDF.

BBH a expliqué vouloir «moderniser» le concept du SDF vendeur de journaux rédigés par des sans-abri.

«Combien de fois voit-on quelqu'un acheter un journal, pour finalement le laisser au sans-abri? [...] Pourtant le modèle n'est pas cassé en soi. C'est seulement le produit qui est archaïque», a indiqué l'agence sur son site internet.

«Une initiative de mauvais goût»

«Ce n'est pas en soi une bonne idée d'utiliser des personnes défavorisées, marginalisées dans la société, pour rendre plus pratique l'accès de personnes majoritairement blanches, forcément plus riches, à leurs comptes sur les réseaux sociaux», a réagi sur le blog de BBH un internaute appelé John. «Vous transformez les SDF en équipement», écrivait Simon, un autre internaute.

«C'est un exemple de la façon dont le capitalisme exploite n'importe quelle ressource en vue d'un avantage concurrentiel», déplorait un troisième, David Byrne.

«Les sans-abri ne sont ni un produit, ni une marchandise, présents dans la ville pour des raisons de commodité», réagit quant à elle à «20 minutes online» la Fédération Européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri (FEANTSA). Elle estime que ce projet «risque de déshumaniser et de ridiculiser les SDF». Selon la fédération, ses initiateurs devraient plutôt leur «proposer un emploi stable et digne de sens».

Le directeur de l'innovation de BBH, Saneel Radia, s'est défendu en se réjouissant que l'initiative ait fait parler de la situation des sans-abri. Il a concédé que l'idée aurait pu aller plus loin, en envoyant les internautes vers un site conçu par les SDF.

«Hélas, nous n'avons pas pu nous permettre de créer une page d'accueil personnalisée, parce que la connexion se faisait par un appareil que nous n'avons pas fabriqué», a-t-il dit.

(man/afp)

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