Actualisé 14.10.2015 à 20:51

Arc lémanique

Se parquer à Nyon: cinq fois plus cher qu'à Genève!

Le coût des macarons de stationnement est jugé prohibitif par certains Nyonnais, en comparaison avec d'autres villes romandes.

de
Caroline Gebhard
Les prix appliqués à Nyon visent à éviter que des voitures ventouses n'encombrent le centre et portent ombrage aux commerçants, explique Elisabeth Ruey-Ray.

Les prix appliqués à Nyon visent à éviter que des voitures ventouses n'encombrent le centre et portent ombrage aux commerçants, explique Elisabeth Ruey-Ray.

Deux cent francs par an à Genève, 960 fr. à Nyon. Dans la ville de La Côte, les macarons de stationnement se paient près de cinq fois plus cher qu'au bout du lac. Des tarifs, introduits le mois dernier, qui font grincer des dents. Pour la conseillère communale Béatrice Enggist, ils sont carrément «prohibitifs», comme l'a rapporté le journal «La Côte» mercredi. Et elle ne digère pas les explications fournies par l'Exécutif. Selon la responsable de la police, Elisabeth Ruey-Ray, ces prix ont notamment pour but d'éviter «l'effet pervers d'une tarification basse». L'élue assure que le risque existe que «les résidents sous-louent leur place en souterrain pour se parquer à meilleur coût en surface, grâce à leur macaron». Une réponse qui ne tient pas la route, selon Béatrice Enggist: «Pour en obtenir un, il faut une attestation de la régie qui garantit que la personne ne possède pas déjà un parking à son domicile!»

A Montreux (VD), où le sésame s'obtient au prix de 170 fr. par an, une attestation de la gérance est aussi requise pour certaines zones. Lors de l'introduction des macarons, en 2005, certains avaient préféré ce système aux locations privées, à des fins d'économie. Les garanties exigées depuis ont permis de corriger le tir. Du côté de Lausanne, enfin, où il faut débourser 500 fr., «on n'a pas du tout constaté ce phénomène», indique la police.

Chacun son tarif

Les macarons permettent aux détenteurs d'allonger la durée de leur stationnement sur le domaine public, sans leur garantir une place. Dans le canton de Vaud, les communes sont libres d'en fixer le prix. A Gland (VD), où on a choisi une tarification assez haute (840 fr. par an), on veut «un peu forcer la main pour que les gens louent des places dans leur régie», explique le syndic, afin de réserver les autres aux visiteurs, aux commerçants et à ceux qui n'ont nulle part où se garer.

«Un coup de massue!»

A Genève, le prix des macarons est régi par une loi cantonale et fixé à 200 fr. par an pour toutes les communes. Selon Jean-Yves Goumaz, directeur de la Fondation des parkings, l'effet pervers évoqué par les autorités nyonnaises pour justifier leurs tarifs existe mais il n'a pas d'impact majeur et il reste difficile à vérifier. Si la réflexion de base est valable, les prix lui semblent «disproportionnés. 960 fr., c'est le coup de massue! Il ne faut pas suspecter que tous les habitants vont profiter d'un effet pervers du système...»

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