Actualisé 29.01.2019 à 20:02

Crise migratoireSea-Watch: la CEDH demande à l'Italie de réagir

La Cour européenne des droits de l'Homme demande à l'Italie d'apporter son aide humanitaire aux migrants qui se trouvent sur le Sea-Watch 3.

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Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)

AFP
Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d'une embarcation de fortune en Méditerranée. Il a repêché 7 corps. (16 décembre 2019)

Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d'une embarcation de fortune en Méditerranée. Il a repêché 7 corps. (16 décembre 2019)

AFP
L'Italie a autorisé mardi soir l'arrivée de deux navires d'ONG humanitaires transportant des migrants secourus en Méditerranée. (3 décembre 2019)

L'Italie a autorisé mardi soir l'arrivée de deux navires d'ONG humanitaires transportant des migrants secourus en Méditerranée. (3 décembre 2019)

AFP

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a demandé mardi au gouvernement italien de «prendre toutes les mesures nécessaires», pour apporter aux migrants à bord du Sea-Watch 3 des soins, de l'eau et de la nourriture. Elle ne les autorise pas à débarquer.

L'ONG allemande Sea-Watch avait annoncé mardi avoir saisi la CEDH contre l'Italie. Elle dénonce le refus de Rome d'accueillir 47 migrants secourus en Méditerranée.

Ces 47 migrants ont été secourus il y a dix jours au large des côtes libyennes par le bateau Sea Watch 3 qui mouille à présent au large de la Sicile. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a prévenu qu'ils pourraient débarquer dans la péninsule, mais à condition qu'ils partent en Allemagne ou aux Pays-Bas, ce que l'ONG a dénoncé comme une «prise d'otages politique».

Quinze mineurs non accompagnés

Sea-Watch, dont le bateau navigue sous pavillon néerlandais, assure que les navires en détresse «doivent être accueillis dans le port sûr le plus proche», en vertu des lois régissant les eaux internationales.

Dans sa décision, la CEDH, le bras juridique du Conseil de l'Europe installé à Strasbourg, «n'a pas accédé aux demandes des requérants d'être débarqués», a écrit la cour dans un communiqué. Mais elle a demandé au gouvernement italien de «prendre toutes les mesures nécessaires, aussi rapidement que possible, pour apporter à tous les requérants les soins médicaux adéquats, la nourriture, l'eau et l'approvisionnement de base jugés nécessaires».

Parmi les migrants figurent quinze mineurs non accompagnés, pour lesquels la CEDH demande que Rome «fournisse l'assistance légale adéquate». Les mesures provisoires de la CEDH sont des «mesures d'urgence qui (...) ne s'appliquent qu'en cas de risque imminent de dommages irréparables». Mais elles ne présagent pas des décisions à venir de la cour sur la recevabilité ou le fond de l'affaire.

«Mise en danger»

Lundi, les Pays-Bas ont rejeté l'appel de l'Italie à accueillir les 47 migrants, arguant que le navire battant pavillon néerlandais avait agi «de sa propre initiative». «C'était au capitaine de Sea Watch 3 de trouver un port à proximité pour débarquer les 47 migrants qu'il avait à bord», a estimé le gouvernement néerlandais.

M. Salvini, qui a fait de la fermeture des ports italiens aux migrants le fer de lance de son action, a depuis averti qu'il envisageait d'intenter une action en justice contre l'équipage du Sea Watch.

«Nous disposons d'éléments concrets pour dire que le capitaine et l'équipage du Sea Watch 3 ont mis en danger la vie des personnes à bord en désobéissant aux instructions précises qui leur avaient été données il y a plusieurs jours de les débarquer dans le port le plus proche, pas en Italie !», a-t-il écrit dimanche sur Twitter.

«Les preuves seront transmises aux autorités judiciaires", a-t-il ajouté, accusant le capitaine et l'équipage d'un "crime et du désir clair d'utiliser ces immigrants dans une bataille politique».

L'an dernier, 113'482 migrants ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Et 2262 personnes ont perdu la vie ou ont disparu au cours de cette traversée périlleuse. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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