Sean Paul trouve la bonne température avec le soutien du public de Montreux.: Sean Paul a joué le baron international du Dancehall
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Sean Paul trouve la bonne température avec le soutien du public de Montreux.Sean Paul a joué le baron international du Dancehall

Hier soir à l'auditorium Stravinski, Sean Paul entouré par son équipe au grand complet a encensé les fans grâce à un défilé de chorégraphies et une succession de hits. En passant en revue l'ensemble des titres de ses deux plus récents albums, le show a servi d'exutoire aux amateurs de déhanchés langoureux et sauts impulsifs.

En finissant avec le titre du plus gros hit 2006 "Temperature", le chanteur Sean Paul a fixé son rythme lors de sa deuxième venue au Montreux Jazz. Malgré les critiques des puristes du ragga à l'encontre de ses productions trop mélangées aux autres saveurs du monde, Sean Paul a enthousiasmé un public fou de hits radio. Il a rassemblé ses fans dans une liesse communicative. Sa position favorite sur scène a été face au public, un pied appuyé sur un haut-parleur.

Dans cette posture de commandeur aux lunettes noires, Sean Paul a laissé au MC Jason Henrequez la tâche de parler aux spectateurs et d'introduire les morceaux. Comme digne successeur de la musique jamaïquaine et porte-parole du DanceHall, le chanteur a véhiculé par les gestes tous les symboles du mouvement tels que paix et espoir.

Le show a démarré par des morceaux reggae originaux: le public n'a pas eu le temps de prendre ses marques quand les musiciens ont enchaîné un mélange de titres réduits purement Dancehall. Le décor musical était planté.

Les relances des MC s'adressant exclusivement aux "ladies", les demoiselles ont exulté à chaque mouvement de bassin de Sean. Ses danseuses sur scène sont venues équilibrer la dose hormonale. Elles étaient quatre au départ. L'une d'entre elles a dû s'éclipser au milieu du concert. Elles avaient toutes des formes pulpeuses et ultra-athlétiques. L'explosivité de leurs chorégraphies ragga a bousculé leurs organismes, mais aussi celui du public. Les frottements entre les musiciens et les danseuses, à la limite de la décence, ont fait chavirer le public dans une transe collective, rien que cela. Le public a même eu droit à une leçon raccourcie de mouvements saccadés du bassin Mapouka, alors que ces mouvements sont interdits dans plusieurs pays africains. Musicalement, Sean Paul a respecté le mélange des genres de ses albums avec des clins d'oeil au reggae, aux rythmes latino-américains et au rock, mais pas trop.

Les artistes ne sont pas venus les mains vides. Le guitariste Andrew McIntyer a rendu hommage au guitariste latino Carlos Santana présent durant tout le festival. Le DJ Shaun Anderson, quant à lui, a envoyé un sample du groupe des Destiny's child. Et tout au long du concert, le public a reçu une trentaine de t-shirts. Cette expérience scénique aura apporté au jeune public des idées à reproduire sur les dancefloors romands pour le reste de l'été.

Juan Caido

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