Autriche: Sebastian Kurz affiche son engagement européen
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AutricheSebastian Kurz affiche son engagement européen

Susceptible de former une majorité avec l'extrême-droite, le vainqueur des législatives tente de rassurer ses futurs partenaires européens.

Sebastian Kurz a par ailleurs exigé mardi un engagement clair contre l'antisémitisme. (Mardi 17 octobre 2017)

Sebastian Kurz a par ailleurs exigé mardi un engagement clair contre l'antisémitisme. (Mardi 17 octobre 2017)

AFP

Le dirigeant conservateur Sebastian Kurz, vainqueur des législatives en Autriche, a revendiqué mardi sa volonté d'être «un participant actif» au sein de l'UE. Il a également exigé un engagement clair contre l'antisémitisme de ses futurs partenaires du gouvernement.

Premier voyage à Bruxelles

«Il est clair, à mes yeux, que l'Autriche doit jouer un rôle important au sein de l'Union européenne, et quand on est pro-européen il ne faut pas seulement être pour l'Europe mais surtout être un participant actif en Europe. C'est clairement ce que je ferai dans les prochaines années», a déclaré mardi le chef du parti conservateur ÖVP.

M. Kurz a ajouté qu'il se rendrait jeudi à Bruxelles, dont il fait «délibérément» la destination de son premier voyage à l'étranger après le scrutin. Il y rencontrera le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen Donald Tusk.

Lundi, M. Juncker avait félicité Sebastian Kurz de sa victoire, tout en l'exhortant à former un gouvernement «pro-européen». Le chef de file de l'ÖVP, 31 ans, est en effet susceptible de s'allier avec le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), eurosceptique et hostile à l'immigration, qui est arrivé en troisième position des élections.

Lutter contre l'antisémitisme

Dans les prochains jours, au plus tôt vendredi, Sebastian Kurz se verra confier le mandat de former le gouvernement. Il a affirmé, à l'issue du scrutin, qu'il discutera avec tous les partis et les spéculations vont bon train sur la forme que prendra la future coalition.

Sebastian Kurz a par ailleurs exigé mardi un engagement clair contre l'antisémitisme des futurs partenaires du gouvernement. Il a tenu ces propos dans un entretien accordé au quotidien gratuit Israël Hayom, alors que l'Etat hébreu a boycotté et accusé d'antisémitisme.

«La lutte contre l'antisémitisme et notre politique de tolérance zéro contre toutes tendances antisémites sont très importantes pour moi. Il s'agit d'une condition préalable claire pour la formation de toute coalition sous ma direction», a dit M. Kurz.

«Il ne faut pas qu'il y ait sur ce point le moindre doute. L'ÖVP a tenté dans le passé de lutter contre l'antisémitisme, y compris parmi ses membres, et je souhaite qu'il continue à le faire», a-t-il ajouté.

Félicitations de Netanyahu

Interrogé sur un possible transfert de l'ambassade autrichienne de Tel Aviv à Jérusalem, prôné par le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, M. Kurz a répondu que «ce n'est pas le moment de parler d'une question aussi sensible». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part félicité M. Kurz lors d'un entretien téléphonique lundi soir, tout en l'appelant à continuer à lutter contre l'antisémitisme.

La Communauté israélite d'Autriche (IKG) a mis en garde contre le risque de voir le FPÖ dévoiler sa face la moins présentable une fois au pouvoir. «En cas de coalition avec le FPÖ, différents courants antisémites, racistes et anti-UE pourraient influencer le gouvernement», selon l'IKG.

Parti «incurable»

«Le FPÖ s'est très bien comporté durant la campagne électorale. Mais il y a une différence entre ce que le FPÖ dit et ce que le FPÖ fait», a relevé le président de l'IKG, Oskar Deutsch, soulignant que la communauté israélite serait «vigilante». Le Comité Mauthausen, une organisation de déportés, a listé pas moins de 60 dérapages antisémites et xénophobes récents imputables à des cadres du FPÖ, jugeant ce parti «incurable».

Israël avait suspendu en 2000 ses relations avec l'Autriche pour protester contre la présence dans la coalition gouvernementale du FPÖ, dirigé à l'époque par Jörg Haider et considéré comme xénophobe et antisémite. Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, avait décidé en 2003 de normaliser les relations.

Placé en position de faiseur de roi, M. Straches'était rendu en avril 2016 en Israël ou il avait rencontré des personnalités de second plan du Likoud, le parti de M. Netanyahu. Il avait également effectué une visite à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste à Jérusalem. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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