Elections en France: Second tour: un test électoral pour Hollande
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Elections en FranceSecond tour: un test électoral pour Hollande

Les Français ont commencé à voter dimanche matin au second tour des élections municipales.

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (UMP) fait un geste devant l'urne.

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (UMP) fait un geste devant l'urne.

Le premier tour, il y a une semaine, a été calamiteux pour la gauche au pouvoir face à la droite et à l'extrême droite.

Le taux de participation s'élevait à 19,83% à midi, contre 23,68% en 2008 à la même heure, a indiqué dimanche le ministère de l'Intérieur. Dimanche dernier, pour le premier tour, le taux d'abstention global a atteint 36,45%, ce qui représentait un nouveau record par rapport aux élections municipales de 2008 où il avait été de 33,46%.

Premier test électoral national de François Hollande depuis son élection en mai 2012, le scrutin devait se poursuivre en métropole jusqu'à 18h00, 19h00 ou 20h00 selon la taille des communes.

Le scénario d'un remaniement rapide du gouvernement français était donné comme le plus probable à l'issue du vote, la reconduction ou non du premier ministre Jean-Marc Ayrault pouvant dépendre de l'ampleur du recul enregistré par le parti socialiste (PS).

Grandes villes menacées

Les regards étaient tournés vers les grandes villes du PS menacées de basculer à droite: Strasbourg (est) et Toulouse (sud-ouest), Saint-Etienne (centre-est), Reims (est), Metz (est), Caen (nord-ouest). Sans oublier Paris où une femme doit être élue pour la première fois, l'issue du duel entre Anne Hidalgo (socialiste) et Nathalie Kosciusko-Morizet (droite) étant plus incertaine que prévu.

Après sa victoire au premier tour à Hénin-Beaumont (nord), le Front national d'extrême droite pourrait de son côté remporter d'autres villes comme Fréjus (sud) ou Béziers (sud). Une conquête d'Avignon (sud), où le directeur du festival international de théâtre a menacé de délocaliser l'événement, aurait un retentissement considérable.

Cette percée de l'extrême droite révélatrice d'une désespérance sociale, devrait faire réagir l'exécutif rapidement à l'issue du vote. En remaniant probablement en début de semaine, François Hollande tentera d'éviter un règlement de comptes dans la famille socialiste, où les débats sont vifs sur la ligne suivie par l'exécutif.

Fabius «très bien» là où il est

Alors que Jean-Marc Ayrault est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales, le nom du populaire et ambitieux ministre de l'Intérieur Manuel Valls était le plus cité pour prendre la tête d'une équipe resserrée, devant celui du chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Mais s'il rassure une majorité des Français pour sa posture de fermeté face à la délinquance et à l'immigration clandestine, Manuel Valls, 51 ans, hérisse une partie de la gauche qui ne lui pardonne pas ses «sorties» contre les Roms. Laurent Fabius, 68 ans, ne cesse pour sa part de répéter qu'il se trouve «très bien» là où il est.

Jean-Marc Ayrault, fidèle de François Hollande, vilipendé pour son manque de charisme, garde des partisans qui vantent ses capacités à maintenir l'équilibre entre les composantes de la majorité.

Le patron des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé s'est prononcé pour le maintien du premier ministre, tout en réclamant un «changement de cap» «plus social, plus combatif au niveau européen, et une vraie politique écologique».

Ecologistes en position de force

Or les écologistes, qui comptent deux ministres (Logement et Développement) dans l'équipe en place se retrouvent en position de force, leurs candidats ayant en partie bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir.

Les appels à infléchir la politique du gouvernement se sont fait entendre jusque dans les rangs socialistes. La «claque pour la gauche» est la conséquence de la «politique nationale», a estimé le maire sortant de Paris Bertrand Delanoë, dont le nom est également cité pour succéder à M. Ayrault.

Un proche du président, le maire de Dijon (centre-est) François Rebsamen, a mis en cause le caractère «anxiogène» du programme de 50 milliards d'économies dans les dépenses publiques annoncé au début de l'année par François Hollande.

«La difficulté pour François Hollande est qu'il ne lui est pas possible de changer de politique, vu les exigences européennes, alors que notre électorat attend une politique de relance», a commenté un député socialiste. (ats)

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