Actualisé 10.01.2012 à 16:18

NucléaireSécurité des centrales suisses en cause

Des tests effectués par l'Union européenne (UE) montrent que les centrales nucléaires suisses ont encore du pain sur la planche pour démontrer leur résistance, notamment en cas de séisme.

Les tests de résistance («stress tests») de l'UE pratiqués sur les centrales nucléaires suisses ont révélé de nouveaux points à examiner. Parmi eux, les exploitants de la centrale de Mühleberg doivent encore apporter la preuve de la résistance du barrage du Wohlensee aux séismes.

Pas assez de vérifications

Les Forces motrices bernoises (FMB) n'ont pas actualisé leurs vérifications de la sécurité du barrage, constate l'Inspection fédéral de la sécurité nucléaire (IFSN) dans son rapport sur les stress tests publié mardi. Les FMB avaient jusqu'à fin novembre pour fournir la preuve de la résistance du barrage à un séisme dont la puissance élevée n'apparaît que tous les 10'000 ans.

L'IFSN exige donc que les exploitants de Mühleberg revoient leur rapport jusqu'au 31 janvier en mettant à jour leurs vérifications, a indiqué mardi Georg Schwarz aux médias réunis à Brugg (AG). Si les FMB ne s'exécutent pas, «nous verrons ce qui arrivera», a ajouté le chef de la surveillance des centrales à l'IFSN.

Si les FMB ne s'exécutent pas, «nous verrons ce qui arrivera», a répondu M. Schwarz. Contacté par l'ats, le groupe électrique bernois indique avoir pris acte des exigences de l'IFSN. «Nous tiendrons les délais», promet le porte-parole Antonio Sommavilla.

Manteaux à examiner

Au total, huit points doivent être éclaircis dans les centrales nucléaires suisses. Les rapports des stress tests rendus par les exploitants satisfont certes les exigences sur ces points. Mais la marge de sécurité constatée n'est pas élevée, explique M. Schwarz. Le directeur de l'IFSN Hans Wanner évoque lui un «besoin de clarification» dans ce domaine.

Ainsi, les sites suisses - Leibstadt (AG), Beznau I et II (AG), Gösgen (SO) et Mühleberg (BE) - doivent réévaluer jusqu'à fin septembre prochain la résistance sismique de l'isolation du manteau des réacteurs. Ce dernier est censé garder la radioactivité enfermée, même lorsqu'un réacteur est endommagé.

Les manteaux sont bien construits et disposent d'une marge de sécurité, estime M. Schwarz. Soupapes, tuyaux et systèmes d'aération conduisant à l'intérieur du manteau doivent toutefois être vérifiés. En cas d'urgence, les soupapes doivent rendre le manteau imperméable.

A Gösgen et Leibstadt, les exploitants sont en outre appelés à examiner le système de dépressurisation du manteau en cas de séisme. Cette installation permet de faire baisser de manière contrôlée la surpression au sein du réacteur en cas d'urgence.

Risques d'inondation

L'IFSN ordonne en outre aux centrales de Mühleberg et de Gösgen d'analyser jusqu'à fin septembre les passages étroits dans lesquels les eaux de l'Aar pourraient s'engouffrer. Ponts ou barrages situés à proximité des centrales risquent en effet d'être obstrués notamment par des arbres emportés par la rivière en crue.

Remis le 31 décembre dernier à l'UE, le rapport suisse sur les stress tests va désormais faire l'objet d'une évaluation des spécialistes européens. La Commission européenne doit présenter fin juin les résultats finaux des tests menés dans les pays du continent. Elle formulera ensuite d'éventuelles recommandations.

Prochaine échéance dans deux mois

Les stress tests de l'UE ne constituent pas la dernière étape du calendrier de mesures de l'IFSN faisant suite à la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011. Jusqu'à fin mars prochain, les exploitants des centrales doivent apporter la preuve qu'ils sont équipés en cas de séisme extrême.

Ils disposent du même délai pour attester qu'ils sont capables de faire face simultanément à un tremblement de terre et à une rupture de barrages situés à proximité d'une centrale nucléaire. Si cette garantie n'est pas donnée pour l'un des sites, la centrale concernées sera débranchée.

(ats)

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