Actualisé 04.08.2013 à 12:31

Yemen - SanaaSécurité renforcée devant des ambassades

Les forces de sécurité yéménites étaient en état d'alerte dimanche devant les ambassades occidentales. Plusieurs sont restées fermées après une alerte lancée par Washington qui redoute des attentats.

Des membres des forces spéciales, en armes et soutenus par des blindés, étaient postés devant les chancelleries fermées des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France et d'Allemagne, ainsi que celles d'autres pays, dont les accès étaient quasiment fermés, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Un drone, probablement américain, survolait la capitale en milieu de journée, ont constaté des habitants.

Le quartier de Hadda, dans le sud de la capitale, où se trouvent plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques dont celles de France, d'Allemagne et d'Arabie saoudite, était quadrillé par des forces spéciales de la Garde présidentielle.

Forces de l'ordre présentes

Autour des ambassades américaine et britannique, dans le nord-est de Sanaa, les mesures de sécurité, en vigueur depuis plusieurs années, ont été renforcées dimanche.

«Nous sommes déjà en état d'alerte mais nous avons redoublé de vigilance», a déclaré à l'AFP un policier.

Aux barrages de sécurité mis en place depuis le début de la semaine par les forces de sécurité et l'armée sur les principaux axes routiers de Sanaa, les forces de l'ordre procèdent à des contrôles réguliers, en particulier pour les accès menant aux chancelleries occidentales, encore selon des habitants.

Ces barrages, qui ont aussi fait leur réapparition autour de Sanaa et sur les routes reliant la capitale aux grandes villes du pays, ont été rétablis au début de la semaine par le Haut comité de sécurité, «une mesure préventive durant les dix derniers jours du ramadan», une période marquée parfois par des actes de violence de la part d'extrémistes, a dit une source de sécurité.

Suisse aussi

Les autorités yéménites n'ont encore réagi ni à l'alerte aux attentats, ni aux mesures de fermeture.

Les ambassades américaines dans les monarchies voisines du Golfe, dont l'Arabie saoudite et le Koweït, étaient fermées dimanche, tout comme dans d'autres pays arabes comme l'Algérie ou la Jordanie.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont décidé de fermer leur ambassade à Sanaa pendant au moins deux jours, dimanche et lundi, après l'alerte lancée par Washington sur un risque élevé d'attentats d'Al-Qaïda en août.

La Suisse a elle modifié son dispositif de sécurité, a indiqué samedi à l'ats une porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Sonja Isella.

Réunion aux Etats-Unis

Le département n'a toutefois pas voulu préciser si elle fermait des représentations helvétiques dans certains pays.

Le département d'Etat américain a lui diffusé un avis de prudence à l'attention de tous ses ressortissants dans le monde: des attentats sont possibles «particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», et Washington a aussi insisté sur «la péninsule Arabique».

Une réunion au sommet consacrée aux menaces terroristes d'Al-Qaïda a eu lieu samedi à la Maison Blanche.

«Le président a demandé cette semaine à l'équipe en charge de la sécurité nationale de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger le peuple américain», a indiqué un communiqué de la présidence américaine.

Ambassade canadienne évoquée

La fermeture de l'ambassade de France à Sanaa pourrait durer «plusieurs jours», a dit le président français François Hollande, alors que le Canada a décidé de fermer préventivement dimanche sa représentation diplomatique à Dacca, au Bangladesh.

Interpol a lancé samedi une alerte globale de sécurité invitant tous les pays membres à la plus grande vigilance face à la menace d'Al-Qaïda.

Dans un enregistrement audio, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a accusé les Etats-Unis d'avoir «comploté» avec l'armée égyptienne et la minorité chrétienne copte pour faire destituer le président islamiste égyptien Mohamed Morsi début juillet.

Washington mène de nombreuses opérations contre les extrémistes islamistes au Yémen, avec l'accord tacite de Sanaa, toujours confrontée aux violences de groupes armés. (ats)

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