24.03.2020 à 11:10

Santé

Sédentarité: mieux vaut entraîner son cerveau

Des chercheurs de l'Uni de Genève ont démontré qu'il valait mieux entraîner son cerveau pour prévenir la régression des capacités physiques, que l'inverse.

Les résultats de l'étude démontrent que pour ralentir le déclin général des capacités à partir de 50 ans, il faut agir en priorité sur les aptitudes cérébrales.

Les résultats de l'étude démontrent que pour ralentir le déclin général des capacités à partir de 50 ans, il faut agir en priorité sur les aptitudes cérébrales.

Keystone

Dès 50 ans, les capacités physiques et cognitives déclinent chez l'être humain. Les deux phénomènes sont corrélés et inéluctables. Des chercheurs de l'Université de Genève (UNIGE) ont toutefois voulu savoir qui influait le plus sur qui du cerveau ou des muscles. Ils ont découvert qu'entraîner son cerveau était préférable, dans un premier temps, pour prévenir la régression des capacités physiques, que l'inverse.

Pour parvenir à cette conclusion, Boris Cheval, du Centre interfacultaire en sciences affectives de l'UNIGE, et Matthieu Boisgontier, du Pôle de recherche national Lives, ont utilisé la base de données européenne SHARE, relève mardi l'UNIGE. Elle contient le profil de plus de 100'000 personnes âgées de 50 à 90 ans.

Suivi sur 12 ans

Ces personnes ont été suivies pendant douze ans. Leurs capacités physiques et cognitives ont été régulièrement mesurées durant cette période. Les chercheurs genevois ont ensuite utilisé ces données selon des modèles distincts, pour déterminer qui des aptitudes physiques ou des capacités cognitives joue un rôle prépondérant.

Grâce à un indice statistique, le duo de scientifiques a constaté que le modèle donnant la primauté aux aptitudes cognitives s'adaptait le mieux aux données des participants. L'étude démontre donc que ce sont principalement les capacités cognitives qui influent sur l'activité physique et non l'inverse, souligne l'UNIGE.

Contre les idées reçues

Cette conclusion va à l'encontre de ce que postulait la littérature jusqu'à présent, poursuit l'alma mater genevoise. «Evidemment, il s'agit d'un cercle vertueux», insiste Matthieu Boisgontier, cité dans le communiqué de l'UNIGE. L'activité physique influence aussi les aptitudes cérébrales, «mais elle le fait dans une moindre mesure».

Les résultats de l'étude démontrent que pour ralentir le déclin général des capacités à partir de 50 ans, il faut agir en priorité sur les aptitudes cérébrales. «Le cerveau doit fournir un véritable effort pour sortir de la sédentarité et c'est en travaillant sur les capacités cognitives que l'activité physique suivra», note Boris Cheval. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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