Ségolène Royal confie son amour du bon vin
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Ségolène Royal confie son amour du bon vin

CAVANAC - Venue rencontrer des viticulteurs dans l'Aude samedi, Ségolène Royal s'est faite lyrique en vantant les vertus d'un verre de bon vin qui «donne du plaisir pour toute la journée» et défendant l'éducation à la «consommation modérée» qui «n'a rien à voir avec l'alcoolisme».

Mais elle a prévenu qu'elle ne toucherait pas à la loi Evin en matière de publicité.

«Un verre de bon vin donne du plaisir pour toute la journée. En plus, quand il y a du bon fromage avec, c'est parfait. Du chabichou par exemple!», a confié la candidate socialiste autour d'un buffet champêtre à Cavanac, entre charcuterie, grillades et verres de Carsac. «En buvant un verre de bon vin, on regarde aussi un paysage ou une histoire, comme ici avec les Cathares. Des paysages qui, sans la vigne, disparaîtraient. C'est aussi un enjeu national, cette défense, ça n'a rien à voir avec l'acoolisme».

Peu avant, lors d'une table ronde avec des viticulteurs dans une coopérative du domaine de Carsac, la candidate socialiste avait prévenu qu'elle ne modifierait pas la loi Evin en matière de publicité sur le vin. «On ne reviendra pas sur cette loi», a-t-elle dit.

La loi Evin de 1991 a déjà été assouplie par le Parlement en 2005 en matière de publicité pour le vin. Depuis, les annonceurs peuvent communiquer sur les caractéristiques «objectives» d'un vin, à savoir sa couleur, son goût et son odeur, en plus de son terroir de production. Jusqu'alors, la publicité sur le vin était strictement encadrée et les annonceurs ne pouvaient mentionner que le degré d'alcool, l'origine du vin, son nom, sa composition et son fabricant.

«Il n'y a pas d'opposition entre la lutte contre l'alcoolisme et la valorisation du vin», a assuré Ségolène Royal. «Il faut qu'on trouve un juste équilibre pour valoriser l'image de marque du vin, la consommation modérée, la façon d'apprécier le bon vin ou le vin de terroir». «L'alcoolisme se fait rarement à partir du vin, mais à partir d'alcools forts importés».

Appelant les viticulteurs à se «ressaisir», elle leur a suggéré plusieurs pistes pour «en remontrer aux vins italiens et aux vins argentins» et à leur «agressivité commerciale». Il faut «avoir des opérations commerciales promotionnelles sur la qualité, la découverte» du vin, a-t-elle dit. «C'est cette direction-là qu'il faut agir en s'adaptant peut-être aux consommations nouvelles», a-t-elle jugé, citant le vin au verre dans les restaurants ou les nombreux clubs de dégustation.

«Il y a un potentiel de développement, y compris sur le marché intérieur», a-t-elle estimé.

Face à une profession «en grande souffrance», elle a promis que «l'Etat sera là, ne serait-ce que parce c'est une filière économique très importante». «Il faudra que l'Etat apporte aux viticulteurs les moyens d'exporter, les aides pour faire du vin de qualité et des mesures sociales» telles que les préretraites ou des aides à l'installation pour les jeunes. Elle a aussi proposé la tenue d'»assises de la viticulture». «C'est l'identité nationale qui disparaît si elle perd ses identités territoriales», a-t-elle conclu, louant «la joie de vivre que le vin représente». (ap)

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