Actualisé 22.04.2007 à 18:26

Ségolène Royal flirte avec le score de Mitterrand en 1981

PARIS - Elle est la première femme à intégrer la finale pour l'Elysée: au terme du premier tour de la présidentielle dimanche, Ségolène Royal est qualifiée pour le second tour.

Elle rêvait du «plus gros score possible». Avec cette fourchette de 25 à 26 selon les premières estimations, elle se situe dans un étiage haut par rapport au score que lui promettaient les dernières enquêtes d'opinion (entre 22 et 27% des voix).

Elle dépasse de peu le score de Lionel Jospin en 1995, qui était arrivé en tête avec 23,3% des suffrages exprimés, mais de dix points celui de 2002. Celle qui se présentait il y a peu comme la «force tranquille» frôle même le score de François Mitterrand en 1981, qui était arrivé comme elle en deuxième position avec 25,85%, avant d'être élu. Une similitude dans laquelle certains au PS seront tentés de voir un heureux présage.

En se qualifiant en finale, la championne du PS a gagné son premier pari: offrir au PS sa revanche sur le 21 avril 2002, où Lionel Jospin avait été éliminé au premier tour par Jean-Marie Le Pen. Première femme investie par le PS et à se qualifier au second tour, elle ambitionne désormais de devenir la première «cheffe» de l'Etat et la première socialiste à succéder à François Mitterrand.

Exit François Bayrou: les électeurs de gauche semblent avoir boudé les sondages qui présentaient le candidat UDF comme le meilleur rempart contre Nicolas Sarkozy. Elle devance largement son rival centriste, qui la talonnait dans certains des derniers sondages au point de mettre en doute son passage au second tour.

Elle semble avoir convaincu in extremis les nombreux indécis. Au vu des scores à sa gauche, ses appels en faveur d'un «vote utile» et à éviter la «dispersion» pour ne pas revivre le 21-Avril semblent avoir porté leurs fruits. Elle peut avoir bénéficié de la participation record et des nouvelles inscriptions sur les listes.

Pour la «Zapatera», c'est une «autre campagne» qui démarre avec le duel dont elle rêvait. Un match qu'elle devrait s'efforcer de transformer en référendum «anti-Sarkozy». Une stratégie largement entamée avant le premier tour, où elle a fait de son rival UMP la cible quasi-exclusive de ses attaques, le présentant comme le candidat de la «peur», de la «brutalité agitée». «Son projet, c'est lui. Mon projet, c'est vous», avait-elle lancé jeudi en meeting.

Reste qu'aucun sondage ne l'a donnée victorieuse au second tour face à lui depuis mi-janvier. Un sondage CSA publié mardi dernier l'a toutefois donnée à égalité avec son concurrent de l'UMP.

Parallèlement, il lui faudra récupérer une partie des électeurs centristes. Ces jours derniers, les sondages lui en promettaient autant qu'à Nicolas Sarkozy. Elle devra, de plus, faire le plein à gauche, dont les reports de voix s'annoncent maigres. «Tous ceux qui se retrouveront sur le pacte présidentiel et sur mes valeurs auront vocation à structurer la majorité présidentielle», a-t-elle déjà indiqué, s'adressant aux électeurs de gauche et «au-delà».

D'ici au 6 mai, Royal devrait tenir quatre meetings: à Montpellier le 24 avril, Lyon le 27 avril, Lille le 3 mai et peut-être à Paris-Bercy le 1er mai. Elle a déjà préparé sa nouvelle profession de foi, une nouvelle affiche de campagne et un nouveau slogan («La France présidente» pour le premier tour), tenus secrets. Elle s'est engagée à donner des «indications» avant le 6 mai sur la composition de son éventuel gouvernement. (ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!