Ségolène Royal poursuit en diffamation
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Ségolène Royal poursuit en diffamation

La 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a examiné lundi les poursuites en diffamation engagées par Ségolène Royal contre les auteurs du livre «La femme fatale» et leur éditeur.

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle réclame 70.000 euros de dommages et intérêts.

Le jugement sera rendu le 30 juin.

Ségolène Royal et François Hollande avaient engagé des poursuites pour atteinte à la vie privée et diffamation après la parution en mai 2007 aux éditions Albin Michel de l'ouvrage de deux journalistes du «Monde», Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a finalement renoncé à son assignation, tandis que la présidente de la région Poitou-Charentes a abandonné les poursuites pour atteinte à la vie privée. Elle a maintenu son assignation en diffamation pour un passage du livre relatant un épisode datant d'août 2006.

A cette époque, Julien Dray, qui deviendra le porte-parole de la candidate pendant la campagne présidentielle, aurait fait état lors d'une discussion avec des journalistes d'une crise conjugale ouverte. Il aurait déclaré que Ségolène Royal aurait menacé son compagnon de ne plus revoir ses enfants s'il soutenait une candidature éventuelle de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Les deux journalistes ont affirmé à l'audience que Julien Dray leur avait confirmé ces propos. «Nous avons entendu cette phrase de nos oreilles», a déclaré à la barre Ariane Chemin.

L'avocat de Ségolène Royal, Me Jean-Pierre Mignard, a déploré que les deux journalistes n'aient pas cherché à vérifier ces allégations auprès des «personnes concernées dans cette affaire». Il a estimé que sa cliente avait été victime d'une «gravissime faute intellectuelle» et d'»une gravissime faute déontologique».

L'avocat des deux journalistes, Me Patrick Maisonneuve, a pour sa part évoqué l'abandon des poursuites pour atteinte à la vie privée. «On nous faisait un mauvais procès» sur ce grief, mais «on s'est rendu compte qu'on avait tellement mélangé vie privée et vie publique qu'il fallait évidemment abandonner ce débat», a-t-il jugé.

Selon lui, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin n'avaient pas à douter de la parole de Julien Dray, car il «portait la parole de Mme Royal». «Pour tout journaliste qui reçoit la parole du porte-parole, c'est la parole de la candidate», a-t-il lancé. (ap)

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