Actualisé 07.11.2008 à 05:57

Parti socialiste français

Ségolène Royal remporte le vote des militants

La motion de Ségolène Royal est arrivée vendredi matin contre toute attente en tête du vote des militants du Parti Socialiste (PS).

Ce vote est intervenu à dix jours du congrès de Reims, qui doit désigner le nouveau chef de l'opposition française.

La motion de l'ancienne candidate à la présidence de la République a obtenu 29,12%, devançant de plus de quatre points celle du maire de Paris Bertrand Delanoë (24,91%) et celle de l'ex-ministre du travail Martine Aubry (24,41%). Benoît Hamon (gauche du parti) recueille 18,66%. La motion du «pôle écologique» et celle d'Utopia recueillent entre 1,5% et 2%, selon Patrick Mennucci, membre du Bureau national.

Désorientés par une guerre des chefs qui mine leur parti et laisse le champ libre au président de droite Nicolas Sarkozy, les militants avaient repris la parole pour trancher le rapport de forces entre courants avant le congrès de Reims, qui se tiendra du 14 au 16 novembre. Le successeur de François Hollande - patron du PS pendant 11 ans - sera élu directement le 20 novembre par la base militante.

Sur les quelque 233'000 adhérents, entre 130'000 et 140'000 votants se sont exprimés à bulletin secret dans plus de 3000 sections.

Soutenu par l'appareil socialiste

Le résultat de vendredi est une défaite pour le maire de Paris et l'appareil du PS, puisque M. Delanoë, qui faisait figure de favori, notamment au vu des sondages, était soutenu par le premier secrétaire sortant François Hollande, par l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, les présidents des groupes parlementaires et une majorité de «grands élus», notamment des grandes villes.

M. Delanoë a fixé ce matin ses conditions pour la suite du congrès du Parti socialiste. Dans un communiqué diffusé vers 03h30, une heure après l'annonce officielle des résultats qui le donnent derrière Ségolène Royal, le maire de Paris ne livre toutefois aucun indice clair sur ses intentions.

Appel lancé par Delanoë

Le congrès de Reims doit servir à «rétablir la confiance entre les Français et les socialistes», écrit-il. «Efficacité de gauche», «justice sociale», «exigence écologique» et «engagement européen» doivent être les piliers du «grand Parti socialiste» qu'il appelle de ses voeux.

Si Mme Royal, qui avait remporté le vote des militants lors de la primaire pour la présidentielle de 2007, devance ses deux principaux rivaux, aucune majorité nette ne se dessine, ouvrant la porte à des tractations ou alliances entre les trois «présidentiables» (candidats potentiels à la présidence de la République) qui se vouent une animosité certaine.

Critique

Le successeur de M. Hollande aura la lourde tâche de redresser une formation qui a essuyé trois défaites successives à la présidentielle depuis 1995, dans la perspective de celle de 2012.

S'il a remporté les municipales de mars, le PS n'apparaît pas encore comme porteur d'un projet d'alternative crédible au président Nicolas Sarkozy, laissant le terrain de l'opposition au trotskiste Olivier Besancenot et au centriste François Bayrou.

«La course vers nulle part est lancée au PS», a ironisé l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy.

(ats)

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