Actualisé 07.11.2008 à 15:57

France

Ségolène Royal revient au premier plan d'un PS miné

La projet d'orientation du PS de Ségolène Royal a remporté contre toute attente le vote des militants.

Un an et demi après sa défaite à la présidentielle française, la socialiste semble en bonne position pour diriger un parti mis à mal par une guerre des chefs.

Le projet de centre-gauche de Mme Royal a obtenu vendredi le plus de voix (29%) des quelque 130 000 militants appelés à voter. Il devançait les propositions des maires de Paris Bertrand Delanoë et de Lille Martine Aubry (environ 25% chacun), ses principaux rivaux dans la lutte pour la direction socialiste.

A quelques jours du congrès de Reims (du 14 au 16 novembre), dans l'est de la France, cette victoire place Mme Royal en position de force pour briguer la succession de François Hollande, son ancien compagnon, à la tête du parti.

Bientôt un nouveau parti

Mais sitôt les résultats connus, les luttes intestines qui minent le PS ont repris au grand jour, avec l'annonce tonitruante du départ de deux de ses membres, dont le sénateur Jean-Luc Mélenchon, figure de l'aile gauche du parti, qui a annoncé son intention de créer un nouveau mouvement «sans concession face à la droite».

M. Mélenchon était partisan du projet de Benoît Hamon, le quadragénaire qui monte au sein du PS et a réalisé un bon score de 19%. L'actuel patron du PS, François Hollande, qui soutenait la motion de Bertrand Delanoë, a pour sa part immédiatement prévenu que le score de son ex-compagne «ne lui permettait pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste».

Il a appelé les quatre principaux courants à «chercher ensemble les voies d'un rassemblement», et a prédit «des jours difficiles» pour le PS si une majorité ne se dégageait pas.

Alliance rejetée

Le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui apparaissait jusque là comme le favori du scrutin, a diffusé un communiqué dans la nuit disant qu'il refusait par avance toute «alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche».

Les partisans de Martine Aubry ont quant à eux évoqué «un coup de tonnerre sur l'appareil du parti» après les résultats, et Benoît Hamon de son côté a maintenu sa candidature pour le poste de Premier secrétaire du PS.

Dirigeante légitimée

«Il va falloir que le vote soit respecté», a répliqué Ségolène Royal, en estimant que le vote «lui donnait une légitimité» pour diriger le PS. Mais elle a précisé qu'elle ne faisait pas acte de candidature pour l'instant, et s'est posée en rassembleuse, soignant son image de proximité à l'égard des militants et de distance vis-à-vis de l'appareil.

Reconnaissant que sa majorité était relative, elle a indiqué qu'elle téléphonerait dès vendredi à ses principaux rivaux, pour entamer des discussions «avec tout le monde, sans exclusive», et notamment avec Benoît Hamon.

Redresser le parti

Lors du Congrès de Reims, les différents courants du PS devront tenter de faire une synthèse pour désigner leur chef, qui sera formellement élu par les militants le 20 novembre.

Qui qu'il soit, le successeur de François Hollande aura la lourde tâche de redresser une formation qui a essuyé trois défaites successives à la présidentielle depuis 1995, dans la perspective de celle de 2012.

S'il a remporté les municipales de mars, le PS n'apparaît pas encore comme porteur d'un projet d'alternative crédible à Nicolas Sarkozy, laissant le terrain de l'opposition au trotskiste Olivier Besancenot et au centriste François Bayrou.

(ats)

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