Ségolène Royal se dévoile dans un livre d'entretiens

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Ségolène Royal se dévoile dans un livre d'entretiens

Elle possède un «I-Pod», confesse des penchants romantiques et «trop d'amour-propre».

si elle entend protéger sa vie privée, Ségolène Royal consent dans le livre «Maintenant» à lever un peu le voile sur des aspects méconnus de sa personnalité, de sa famille et sa vie de couple avec François Hollande, non sans humour, mais coupant ainsi court aux «rumeurs».

En déclarant sa candidature fin septembre, elle avait dit vouloir «protéger» sa famille des «épreuves». Dans ce livre d'entretiens de 335 pages avec l'éditorialiste de Elle Marie-Françoise Colombani à paraître mardi, et dont l'Associated Press a obtenu copie, la candidate du PS se livre par petites touches. Pour la première fois, elle explique que «franchement non» elle ne pense pas à l'Elysée depuis longtemps, même si elle avait envisagé de se présenter en 1995. «Ensuite, je n'y ai plus pensé pendant douze ans», assure-t-elle. «En 2006, j'ai rencontré un écho dans l'opinion et chez les militants. Et je me suis engagée».

Piquante, elle s'amuse de ses surnoms. Parfois taxée de «Mère la pudeur», elle rétorque qu'elle n'est «pas rabat-joie, ni coincée». «J'aime bien Zapatera, symbole de la victoire». Comparée à Bécassine, elle réplique par l'humour et égratigne au passage Nicolas Sarkozy: «Les Bécassines, ce sont les jeunes filles bretonnes qui arrivaient à Paris pour les emplois difficiles. Elle est pleine de bon sens, Bécassine! Mieux vaut, pour rester dans la bande dessinée, être Bécassine plutôt qu'Iznogoud»...

Mère de quatre enfants et non mariée, la première femme à avoir une chance d'entrer à l'Elysée «comprend» les «curiosités», mais s'agace des «rumeurs» sur le couple qu'elle forme avec le Premier secrétaire du PS: «Oui, nous sommes toujours ensemble et oui, nous vivons toujours ensemble». «Au moins, quand on est une femme, on ne peut pas vous inventer un enfant caché!», soupire-t-elle. Elle s'indigne du surnom «peu finaud» de «Monsieur pièces jaunes» attribué à son compagnon, qui l'a «blessée plus que lui». «Il aurait fait un excellent candidat si les circonstances avaient été réunies», le défend-elle, avouant avoir éprouvé de la culpabilité vis-à-vis de lui à avoir été ministre de François Mitterrand. Mais pas à avoir été investie candidate par le PS.

L'occasion de revenir sur l'hypothèse d'un mariage en Polynésie, évoquée un temps dans la presse suite à l'invitation d'Oscar Temaru. «Cela aurait été follement romantique, un mariage en pirogues et à l'autre bout du monde! L'entourage de François l'en a dissuadé, par crainte du spectacle et sans doute du ridicule», confie-t-elle. «Nous n'avons pas besoin de cela pour nous aimer».

Côté loisirs, on découvre que l'ancienne ministre possède un baladeur numérique I-Pod. «J'aime tout. De la musique classique à la chanson populaire», sauf «le hard-rock», écrit-elle, citant Debussy, Diam's ou Benabar. «Quand je veux m'isoler, je mets mes écouteurs et je m'enveloppe de musique». Son film culte est «La Leçon de piano», son livre fétiche «Les Contemplations» de Victor Hugo. Et si elle quittait la France, elle s'installerait en Italie pour «le soleil et la Méditerranée».

A la rubrique «défaut», Ségolène Royal confesse «trop d'amour-propre», ce qui peut l'»amener parfois à être un peu cassante» si elle est «agressée». Sa principale qualité: «l'honnêteté».

«Pas pratiquante», elle «prend le temps de méditer». Et a même pensé à son épitaphe: «Elle comprenait les Français et a servi la France avec courage».

(ap)

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