Affaire Kadhafi: Seize mois ferme pour les deux otages suisses
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Affaire KadhafiSeize mois ferme pour les deux otages suisses

Les deux Suisses retenus en Libye ont été condamnés mardi à 16 mois de prison ferme et à une amende de 2000 dinars libyens chacun (environ 1600 francs).

Ce nouvel épisode risque d'aggraver un peu plus les relations diplomatiques déjà passablement perturbées entre la Suisse et la Libye.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé mardi la sentence prononcée lundi contre les deux Suisses. Ils ont été «condamnés le 30 novembre pour violation des règles sur les visas», a indiqué à l'ATS le porte-parole du DFAE, Lars Knuchel. La décision de la cour a également été confirmée par le groupe ABB, qui emploie l'un des deux hommes.

«Le jugement prend effet à partir de mardi», selon une source judiciaire libyenne citée par l'AFP. «Les deux hommes d'affaires peuvent faire appel de leur jugement dans un délai d'une semaine», a précisé cette source qui a requis l'anonymat.

Les deux Suisses doivent comparaître de nouveau devant la justice dans une deuxième affaire concernant «l'exercice d'activités économiques sans autorisation», a-t-on ajouté sans précision de date. Les deux hommes étaient inculpés de fraude fiscale, infraction au code de commerce et à la loi sur l'immigration.

Selon le DFAE, les deux entrepreneurs se trouvent toujours à l'ambassade de Suisse à Tripoli. «Le DFAE reste en contact étroit avec leurs proches», poursuit le Département qui ne donne pas d'autres détails «dans l'intérêt des personnes concernées».

«Sous le choc»

Interrogé lors du 19:30 de la TSR, le conseiller national socialiste genevois Carlo Sommaruga s'est dit «sous le choc». Il s'agit d'»une décision arbitraire» pour des infractions «de second degré», a estimé le parlementaire.

Pour Hasni Abidi, c'est l'illustration de la volonté libyenne de trouver une issue judiciaire et une sortie honorable à l'arrestation des deux Suisses. Selon l'expert interrogé par la RSR, la solution au conflit se réglera toutefois par la voie politique.

Depuis plus de 16 mois

Max Göldi, directeur de l'antenne libyenne du groupe ABB, et Rachid Hamdani, un employé d'une entreprise de construction, sont retenus en Libye depuis le 19 juillet 2008. Ils avaient été arrêtés à la suite de l'interpellation du fils du colonel Kadhafi quelques jours auparavant par la police genevoise. Les deux hommes avaient ensuite été libérés sous caution avec l'interdiction de quitter le territoire.

Cette affaire a passablement mis à mal les relations entre la Suisse et la Libye. Depuis le début de l'arrestation du couple Khadafi à Genève, Tripoli a exigé des excuses. En visite dans la capitale libyenne en août dernier, le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz s'est exécuté mais a demandé la libération des deux Suisses avant le 1er septembre.

Berne et Tripoli s'étaient également mis d'accord pour rétablir les relations bilatérales et mettre sur pied un tribunal arbitral destiné à faire la lumière sur l'affaire. Mais au terme du délai fixé par l'accord du 20 août, la Suisse n'a rien obtenu.

Berne a suspendu alors l'accord avec Tripoli et a durci le ton à l'égard de la Libye. La Confédération a notamment décidé de refuser aux citoyens libyens tout visa d'entrée en Suisse.

Espoirs déçus

Parallèlement, les deux otages ont passé par toutes sortes d'espoirs déçus. Le 25 août dernier, ils avaient reçu leurs passeports et leurs visas de sortie, mais n'ont finalement pas été autorisés à quitter le pays.

Pis encore, à la mi-septembre, ils ont été emmenés dans un lieu tenu secret au prétexte de subir un contrôle médical. Ils n'ont été reconduits à l'ambassade de Suisse à Tripoli que le 9 novembre, sans mention d'aucun motif.

Le régime libyen a également sanctionné les échanges économiques bilatéraux. La Libye a retiré dès 2008 ses fonds (plus de cinq milliards de francs) des banques helvétiques. La compagnie aérienne Swiss a été empêchée de voler vers la capitale libyenne.

Le parquet de Genève avait classé l'affaire l'an dernier contre le couple Kadhafi à la suite d'un règlement à l'amiable.

(ats)

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