04.07.2019 à 17:28

Vaud

Seize policiers porteront une caméra sur l'uniforme

Un test va être mené dans le canton et à la ville de Lausanne. Très courante aux Etats-Unis, la pratique est introduite avec plus de prudence en Suisse.

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ats/ywe
Le dispositif a déjà été testé à Zurich et a permis de réduire le nombre d'agressions contre des agents.

Le dispositif a déjà été testé à Zurich et a permis de réduire le nombre d'agressions contre des agents.

Keystone

Dès lundi, les polices lausannoise et vaudoise testeront le port de seize «bodycams». Le projet-pilote durera jusqu'au 31 décembre et fera l'objet d'une évaluation par l'Université de Lausanne (UNIL). Ces mini-caméras seront fixées sur l'équipement de 16 policiers et seront clairement identifiables. Elles ne seront enclenchées que dans des situations où un délit est commis ou risque de l'être.

«Nous espérons que ces caméras auront un effet d'apaisement dans des situations critiques entre la police et la personne interpellée. Cela va diminuer le risque d'escalade. D'une manière plus générale, cet outil neutre permettra d'objectiver des situations», a expliqué jeudi à Keystone-ATS Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois de la sécurité.

Un accès aux images restreint

Les personnes filmées devront toujours en être informées au préalable. Quant aux images, elles ne pourront être exploitées que sur ordre d'un procureur ou du Tribunal des mineurs. L'accès sera donc largement plus restreint qu'aux Etats-Unis par exemple, ou les vidéos sont fréquemment mises à disposition du public.

La préparation de la phase test a reçu le soutien des deux syndicats de police impliqués, selon le communiqué de presse de la Ville de Lausanne. La Fédération suisse des fonctionnaires de police, elle, s'est montrée plus réservée à plusieurs reprises par le passé sur les «bodycams, qui porteraient un coup à la valeur des déclarations des policiers et remettraient en cause la confiance actuelle dans la police.

Evaluations prévues

Des chercheurs de l'UNIL évalueront le dispositif puis remettront leur rapport aux autorités. L'étude analysera la place des technologies dans le travail des agents et leur impact potentiel sur l'activité policière. Enfin, il s'agira de déterminer si les caméras sont de nature à diminuer la violence à l'égard des policiers.

C'est ce qui a semblé être le cas à Zurich. La police municipale y a déjà testé le même dispositif. Selon les autorités, les caméras ont permis de diminuer de 50 le nombre d'agressions à l'encontre d'agents en une année.

La police des transports des CFF, à Lausanne et à Zurich, ont également testé les «bodycams». «Le résultat était positif mais nous n'en avons actuellement pas en activité, a expliqué à Keystone-ATS Frédéric Revaz, porte-parole des CFF. On pourrait s'imaginer en installer à l'avenir, mais ce n'est pas une priorité. Et il faut d'abord clarifier les bases légales», a-t-il ajouté

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