Actualisé 22.02.2014 à 19:13

Hockey

Selänne est immortel

Le Finlandais de 43 ans a lancé sa sélection vers le bronze olympique, samedi soir au Palais Bolchoï de Sotchi, en inscrivant un doublé face aux Etats-Unis (5-0).

de
Robin Carrel

Le match pour la troisième place des JO est toujours un peu spécial. La rage d'avoir manqué le coche la veille en demi-finale atténue un peu la déception de la défaite, mais les deux équipes ont toujours de la peine à lancer les hostilités. C'est aussi une rencontre couperet, au terme de laquelle le vaincu rentre bredouille. Il faut donc un homme d'exception pour débloquer la situation.

Quatrième médaille

Ce joueur, cela ne pouvait être que Teemu Selänne. Pour sa sixième participation aux Jeux - il était déjà de la partie à Albertville il y a 22 ans... -, l'ancien joueur de bandy et de football a glané sa quatrième médaille olympique. S'il n'a jamais goûté au Graal, sa moisson n'en est pas moins impressionnante. Elle contient une breloque d'argent et désormais trois en bronze.

Le natif d'Helsinki, meilleur pointeur de l'histoire des JO (24 buts et 19 assists), a ajouté deux unités à son bilan personnel d'un magnifique tir du revers à la 22e et d'un envoi insidieux lors de l'ultime période. Son coéquipier Jussi Jokinen s'est immédiatement engouffré dans la brèche de son ouverture du score et a inscrit le 2-0 quelques secondes après. Jusso Hietanen a continué le travail au début du troisième tiers-temps, Selänne a complété son doublé à la 50e et Olli Maatta a corsé l'addition (54e). Trois buts inscrits en autant de supériorités numériques.

Kane peut encore apprendre

Les Etats-Unis ont pourtant eu des chances en or de prendre l'avantage ou, plus tard, d'égaliser. Patrick Kane s'est en effet retrouvé au bénéfice de deux penalties et n'en a transformé aucun, lui qui est pourtant un spécialiste de l'exercice aux Blackhawks de Chicago. L'ancien Biennois a tiré une fois à côté (14e), avant d'allumer le poteau de Tuukka Rask treize minutes plus tard. Pas sûr que T. J. Oshie, si incroyable en tête-à-tête contre la Russie (3-2 tab), aurait manqué si belle occasion.

Mais la vilaine soirée de Kane ne s'est pas arrêtée là. C'est lui qui a écopé de la pénalité un peu stupide qui est à l'origine du 3-0 et qui a coupé définitivement les jambes des siens. L'Américain doit se réjouir de retourner au pays, lui qui n'a jamais montré sa classe habituelle sur la glace du Palais Bolchoï (seulement quatre assists). Mais à 25 ans, s'il suit l'exemple de son glorieux aîné, le No 88 aura d'autres occasions de briller.

Ils ont dit

Teemu Selänne (attaquant finlandais): «On était très déçus hier soir (ndlr: vendredi), mais on a su rebondir et on croyait fermement pouvoir gagner ce match. Je suis fier de mes gars. On s'est dit avant la partie que nous devions jouer uniquement pour nous. Nous méritions une sortie en beauté et nous l'avons eue. J'ai essayé d'utiliser l'énergie que nous ont donné nos jeunes. Ils voulaient absolument que nous, les vieux, on finisse en beauté. Gagner la Coupe Stanley est mon prochain objectif. Pour ma dernière saison en NHL, ce serait un rêve qui deviendrait réalité. Je suis bien conscient qu'il y a un très long chemin à faire et j'essaye de profiter un maximum de mes derniers instants de hockeyeur. C'est toujours une fierté de porter le maillot finlandais et je suis un peu triste maintenant, car cela me rappelle beaucoup de bons souvenirs. Quelques grosses déceptions également, mais c'est la vie. Cela fait 26 ans que j'ai joué mon premier match international et si quelqu'un m'avait dit que j'allais gagner quatre médailles olympiques...»

Patrick Kane (attaquant américain): «On a dominé les deux premières périodes, mais on s'est retrouvés menés de deux longueurs! Sur le premier penalty, je perds le contrôle du puck, alors que je pensais que j'avais fait ce qu'il fallait. Sur le second, mon tir est bon, j'ai juste tapé le poteau... J'ai eu quelques opportunités pendant le match, mais je n'ai juste pas réussi à les convertir. C'est une soirée très frustrante. C'est un peu le résumé de mon tournoi. Je ne sais pas si c'est une question de confiance ou de chance. Qui sait? Je n'ai aucune excuse, je n'ai pas été assez bon pour permettre aux miens de gagner une médaille. On attendait davantage de ma part.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!