Selon son parti Bhutto allait «prouver» que les élections seraient truquées
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Selon son parti Bhutto allait «prouver» que les élections seraient truquées

Islamabad - L'ex-cheffe de l'opposition pakistanaise Benazir Bhutto allait «prouver» que le pouvoir allait «truquer» les prochaines législatives pour se maintenir au pouvoir, avant qu'elle ne soit assassinée jeudi.

Son parti l'a assuré mardi.

«Mme Bhutto devait rendre public la nuit de son assassinat un document contenant les preuves de l'existence d'un plan pour truquer les résultats du scrutin par la Commission électorale et les services de renseignements (ISI)», a affirmé le sénateur Latif Khosa, membre du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Mme Bhutto.

Intimidation

M. Khosa, qui a rédigé avec Mme Bhutto ce dossier de 160 pages censé dévoiler les trucages en préparation, a déclaré que les méthodes employées par les autorités allaient des manoeuvres d'intimidation à l'emploi de faux bulletins de vote, en passant par l'utilisation d'un «méga-ordinateur» en mesure de pirater n'importe quel ordinateur.

«Des organismes d'Etat manipulent l'ensemble du processus (électoral)», a résumé Latif Khosa, qui dirige la cellule de supervision des élections au sein du PPP.

Selon lui, l'ancienne premier ministre aurait dû rendre ce rapport public lors d'une conférence de presse dans la soirée de jeudi, à l'issue d'une rencontre avec des sénateurs américains en visite au Pakistan. Mais elle a été tuée dans un attentat suicide dans la banlieue d'Islamabad en sortant d'un meeting électoral.

Accusations «ridicules»

Le porte-parole de la présidence pakistanaise, Rashid Qureshi, a balayé ces accusations en les jugeant «ridicules». «Le président Pervez Musharraf a déclaré que des élections libres, équitables, transparentes et pacifiques étaient essentielles, et participaient d'une stratégie globale de transformation du Pakistan en un pays authentiquement démocratique», a-t-il dit.

«Le retour de Benazir au Pakistan découlait d'un décret sur la réconciliation nationale», a-t-il continué. «Ecoutez-moi, il s'agira peut-être des meilleures élections que le Pakistan ait jamais connues», a estime le porte-parole.

Les élections législatives prévues pour le 8 janvier seront reportées à février, selon des responsables du gouvernement et de la Commission électorale, qui devrait annoncer mercredi la date retenue, en raison de l'assassinat de l'opposante et des violences qu'il a déclenché dans tout le pays.

(ats)

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