Actualisé 01.10.2012 à 17:19

Présidentielle américaineSemaine cruciale avec le premier débat télévisé

Le président sortant Barack Obama et son adversaire républicain Mitt Romney vont tenter de convaincre les indécis lors de leur premier duel télévisé mercredi. Le débat sera axé autour de l'économie.

Plus de 50 millions de téléspectateurs et 90 minutes pour convaincre les électeurs indécis: le président américain sortant Barack Obama affrontera pour la première fois Mitt Romney mercredi dans un débat axé sur l'économie, à Denver dans le Colorado (ouest).

Face au démocrate Obama, l'événement procure une occasion exceptionnelle, mais risquée, pour le candidat républicain à la Maison Blanche de relancer sa campagne, après une longue série de mauvais sondages le donnant perdant, au-delà de la marge d'erreur.

Instaurés en 1960, les débats ont acquis une importance historique dans les élections présidentielles américaines. Le moindre faux pas ou l'ombre d'une hésitation dans une réponse peuvent enterrer un candidat. Pour celui à la traîne dans les sondages, un coup d'éclat est indispensable.

Valoriser son adversaire

A l'approche du jour J, chacun des camps a cherché à valoriser les qualités de son adversaire, une stratégie classique des périodes d'avant-débat visant à contenir les attentes pour créer la surprise.

«Le président Obama est un orateur surdoué, considéré comme l'un des communicants politiques les plus talentueux de l'histoire récente», a avancé Beth Myers, conseillère de Mitt Romney, vendredi dans un mémorandum cité par des médias.

«Nous nous attendons à ce que Mitt Romney soit un débatteur préparé, discipliné et offensif», a noté David Axelrod, plus proche conseiller de Barack Obama, dans une note le même jour. Mais «le poids est sur les épaules de Mitt Romney pour qu'il explique comment un retour à la politique à l'origine même de la crise économique pourrait conduire à un résultat différent».

«Je pense qu'il va dire beaucoup de choses inexactes»

«Je pense qu'il va dire beaucoup de choses inexactes», a lancé Mitt Romney à propos de Barack Obama, lors d'une interview sur ABC le 14 septembre, laissant augurer d'échanges vifs sur la réalité du redressement économique des Etats-Unis.

«Le président doit dire aux gens que cela a été très dur depuis le début du mandat, beaucoup de choses ont changé mais il reste encore beaucoup à faire», suggère Bob Shrum, qui a conseillé John Kerry lors de sa campagne présidentielle en 2004. «Il ne peut pas avoir l'air trop confiant», souligne à l'AFP ce professionnel des campagnes démocrates.

Le débat de mercredi soir est le premier d'une série trois, moins de cinq semaines avant le scrutin du 6 novembre. Deux autres débats présidentiels auront lieu le 16 octobre à Hempstead (New York, nord-est) et le 22 octobre à Boca Raton (Floride, sud-est).

Les deux prétendants à la Maison Blanche ont allégé leurs agendas pour préparer l'échéance, le président étant arrivé dimanche dans le Nevada (ouest) et Mitt Romney atterrissant lundi soir à Denver.

«Obama doit parler de façon plus concise»

«Le débat présidentiel du 3 octobre est l'événement politique le plus important de la carrière politique de Mitt Romney», a prédit Newt Gingrich, ancien adversaire de la primaire républicaine, dans une tribune. Comme en 2008, ce premier débat sera animé par le journaliste Jim Lehrer, un vétéran des débats présidentiels.

Si les deux hommes, tous deux diplomés en droit de l'université d'Harvard, sont de brillants communicants, Barack Obama passe pour fournir parfois des réponses trop académiques.

«Le président Obama doit parler de façon plus concise. Il a tendance à parler trop longtemps», explique à l'AFP Alan Schroeder, auteur d'un livre sur les débats présidentiels.

Mitt Romney a l'avantage d'avoir débattu 19 fois pendant les primaires républicaines, face à des concurrents qui n'avaient pas hésité à l'attaquer violemment sur son passé de gouverneur «modéré» du Massachusetts (nord-est).

«Pour que ce débat soit utile à Mitt Romney, Barack Obama doit trébucher. Il doit dire quelque chose du niveau des 47% de Mitt Romney», estime Leonard Steinhorn, professeur à l'université Américaine, en référence aux propos du candidat, filmés à son insu et diffusés en septembre, dans lesquels il critique les 47% d'Américains ne payant pas d'impôts.

Attaques sur le Moyen-Orient

Mitt Romney, a accentué lundi ses attaques sur la politique étrangère du président Barack Obama, accusé de passivité face au «maelstrom» qui agite le Moyen-Orient.

«Notre pays semble être à la merci des événements plutôt qu'en train de les forger», écrit Mitt Romney dans une tribune publiée par le quotidien Wall Street Journal.

«Et c'est dangereux. Si le Moyen-Orient s'enfonce dans le chaos, si l'Iran se dirige vers le nucléaire, ou si la sécurité d'Israël est atteinte, l'Amérique pourrait être entraînée dans le maelstrom», explique le républicain.

Point fort

Après une campagne centrée principalement sur l'économie, Mitt Romney évoque de plus en plus dans ses interventions la politique étrangère, perçue comme un point fort du président, mettant en garde les électeurs contre un affaiblissement de la puissance américaine dans le monde après les récentes violences anti-américaines dans plusieurs pays du monde arabe.

Son camp a notamment attaqué à plusieurs reprises le président sur sa gestion de l'attaque où quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens, ont été tués à Benghazi, dans l'est de la Libye, le 11 septembre.

L'attaque a depuis été qualifiée de «terroriste» par l'administration, bien que le mot n'ait pas été employé dans les premiers jours suivant les violences.

Nucléaire

Le dossier du nucléaire iranien est aussi fréquemment cité par Mitt Romney, qui a reproché à Barack Obama de n'avoir pas rencontré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à New York la semaine dernière en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Le président n'a rencontré aucun dignitaire étranger cette semaine-là.

«Quand nous disons qu'un Iran avec des capacités d'armes nucléaires est inacceptable, tout comme l'instabilité régionale qui l'accompagnerait, il faut forcer les ayatollahs à nous croire», avertit Mitt Romney, qui veut «restaurer notre crédibilité avec l'Iran». (afp)

Les rendez-vous importants pour l'élection présidentielle du 6 novembre:

- 3 octobre: premier débat entre Barack Obama et Mitt Romney, sur la politique intérieure (Denver, Colorado);

- 5 octobre: publication des chiffres du chômage de septembre;

- 11 octobre: débat entre les deux candidats à la vice-présidence, le sortant Joe Biden et le républicain Paul Ryan (Danville, Kentucky);

- 16 octobre: deuxième débat Obama-Romney (Hempstead, New York)

- 22 octobre: troisième et dernier débat Obama-Romney, sur la politique étrangère (Boca Raton, Floride)

- 2 novembre: publication des chiffres du chômage d'octobre.

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