Confiner les non-vaccines: la moitie des Suisses est pour
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Restrictions hivernalesSemi-confiner les non-vaccinés: la moitié des Suisses est pour

D’après un sondage, la population est divisée quant au «lockdown» imposé uniquement aux personnes ni vaccinées ni guéries, comme l’a déjà édicté l’Autriche.

par
Yannick Weber
L’Autriche et l’Allemagne serrent la vis. En conséquence, des files d’attente se sont créées devant les lieux de vaccination, comme ici à Stuttgart ce mardi.

L’Autriche et l’Allemagne serrent la vis. En conséquence, des files d’attente se sont créées devant les lieux de vaccination, comme ici à Stuttgart ce mardi.

AFP

En Autriche, depuis lundi et jusqu’à début janvier au moins, les personnes qui ne sont ni vaccinées ni guéries n’ont plus le droit d’aller au restaurant. Ni chez le coiffeur. Ni au musée. Ni même à l’après-ski. En Allemagne, le Land de la Saxe a décidé la même chose et Angela Merkel a lancé le débat national sur la mesure. Dans ces deux pays, le taux de vaccination se situe dans des proportions similaires à la Suisse, mais le taux de contaminations atteint des niveaux records.

Loin de faire l’unanimité

Les résultats du sondage «20 minutes» sur la situation actuelle de la pandémie montrent que 55% des Suisses soutiendraient un tel semi-confinement imposé seulement aux non-vaccinés si les hôpitaux venaient à être surchargés (37% oui, 18% plutôt oui) et que 43% rejettent cette idée (10% plutôt non, 33% non).

Parmi les partis, c’est sans surprise à l’UDC que les avis sont les plus défavorables (58% de non), suivi par les Verts (42% de non), qui se détachent par rapport au reste des partis qui oscillent autour de 30%. Les jeunes sont plus réfractaires (52% de non) que les 65 ans et plus, qui disent oui à 73%. Enfin, un quart de ceux qui disent voter oui à la loi Covid le 28 novembre sont néanmoins opposés au semi-confinement des non-vaccinés.

«Pas justifié pour le moment»

Du côté de la Confédération, on se montre frileux pour le moment. «La règle des 2G (vaccinés et guéris) ne peut pas se justifier en Suisse pour le moment», a annoncé Virginie Masserey de l’OFSP lors de la conférence de presse de mardi. Mais le débat existe.

La task force scientifique a déjà indiqué que, d’un point de vue sanitaire, délivrer un certificat aux personnes non-vaccinés et seulement testées négatives n’était pas idéal, mais que cette règle avait été un choix politique. Il y a un mois, quelques politiciens et le Canton de Schaffhouse disaient déjà que cette solution devait être envisagée, mais la majorité rejetait cette éventualité.

Laissez-moi manger ma Schnitzel

Or depuis, les contaminations repartent en forte hausse alors que le taux de vaccination, lui, stagne. La Suisse tente, avec sa semaine nationale de la vaccination, d’augmenter ce taux. Lundi soir, en marge du concert organisé à Thoune (BE), seules 25 personnes sont venues se faire vacciner. En Autriche, en revanche, depuis l’annonce du lockdown pour non-vaccinés, les files d’attente s’allongent devant les centres de vaccination, un phénomène qui a rapidement été nommé la «Schnitzel Panik».

Exclusion injustifiée

Pour certains, interdire la fréquentation des lieux de vie sociale aux non-vaccinés même s’ils sont testés négatifs va trop loin. Des chiffres pourraient les conforter. Le vaccin protège bien mais son efficacité diminue avec le temps, raison pour laquelle la Suisse va se mettre à la 3e dose pour les personnes vulnérables. Les derniers chiffres de l’OFSP, publiés mardi, indiquent que, sur ces sept derniers jours, 25% des personnes hospitalisées étaient doublement vaccinées. Ce taux avait même atteint un pic à 40% le 21 octobre. Quant aux décès, leur nombre est moins nombreux et les taux fluctuent donc très vite d’un jour à l’autre. Ces derniers jours, néanmoins, il tend à augmenter et la moitié des décès environ se produisent chez des personnes vaccinées.

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