Suisse - Séniors sans le sou pour se soigner et bien vivre
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SuisseSéniors sans le sou pour se soigner et bien vivre

Une étude montre que sans aide dans leur vie quotidienne, 620’000 personnes âgées risquent de souffrir de solitude et d’être négligées.

Les aides à domiciles doivent être non seulement médicales mais aussi permettre une vie quotidienne harmonieuse.

Les aides à domiciles doivent être non seulement médicales mais aussi permettre une vie quotidienne harmonieuse.

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En 2050, 10% de la population aura plus de 80 ans, contre 5% aujourd’hui. Cette évolution démographique signifie qu’à l’avenir, davantage de personnes seront dépendantes de soins médicaux et aussi psychosociaux. Les aides devront être fournies pour le ménage, les tâches administratives, ainsi que les contacts sociaux et l’organisation de la vie quotidienne. Selon une étude de la Fondation Paul Schiller, qui a son siège à Zurich, le besoin en soins est déjà très important rapporte le «Tages-Anzeiger». Et de nombreuses personnes âgées ne peuvent pas s’offrir le soutien nécessaire.

Les soins de base sont financés par l’assurance maladie et le cas échéant par les prestations complémentaires de l’AVS. Cependant, les coûts ne sont pas couverts lorsque les personnes âgées ont besoin d'aide pour gérer leur vie quotidienne. Mais cette aide a ses limites et une aide professionnelle est nécessaire. Selon l’étude, 620’000 personnes âgées de plus de 65 ans ont aujourd’hui besoin de soins supplémentaires afin de ne pas se sentir seules, voire négligées. Il s’agit d’une estimation. L’effort en temps pour assurer ces prestations est estimé entre 14 et 28 millions d’heures par an, soit entre 800 millions et 1,6 milliard de francs.

Des pistes pour venir en aide

L’étude montre que ces coûts augmenteront de 70 à 170% pour atteindre entre 1,4 et 4,3 milliards de francs par an. Cette estimation part de l’hypothèse que tous les services sont fournis par des professionnels. L’étude part du principe que l’État devrait prendre en charge une partie de ces frais afin que chacun puisse avoir une «vie digne dans la vieillesse.» Une autre piste serait la distribution de «bons de soins» accordés selon un barème. Une troisième piste serait de réduire les tarifs pour les personnes ayant besoin de soins et, en même temps, à financer par l’État les organisations qui les prodiguent.

Le Liechtenstein a introduit en 2010 les allocations de soins. La ville de Berne mène actuellement un projet sur trois ans dans lequel les retraités peuvent demander des crédits de soins. Lucerne a également un projet allant dans ce sens.

(jbm)

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