Actualisé 31.01.2019 à 17:10

VaudSensibles à la 5G: pas de zones blanches

Jeudi, le Conseil d'Etat vaudois n'a pas donné suite à une interpellation demandant la création de zones spéciales pour les électrohypersensibles.

Keystone/Aladin Klieber

Vaud ne compte pas créer de zones blanches pour les personnes électrohypersensibles. Le Conseil d'Etat se dit toutefois «préoccupé» par la hâte du Conseil fédéral à changer les normes sans analyse complète de la situation. Il répondait jeudi à la députée verte Sabine Glauser Krug qui s'inquiète de l'arrivée de la 5G (téléphonie mobile) dans le canton.

Pour l'Etat, «la création de ces zones n'a pas de fondement à ce jour», écrit-il. Il se base sur des recherches internationales et sur les compétences de Berenis, le groupe consultatif d'experts en matière de RNI (rayonnements non ionisants).

Pas de preuve scientifique

Citant notamment l'Agence nationale française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), le Conseil d'Etat relève qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune preuve scientifique objectivant l'efficacité de ces zones blanches, qu'elles soient naturelles ou construites, dans la réduction des symptômes chez les personnes souffrant d'HSEM (hypersensibilité électromagnétique).

Pour le reste, le gouvernement vaudois se réfère à l'Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI). Il mentionne également une récente information de Berenis qui a examiné deux études sur ce sujet réalisées sur des animaux, l'une américaine, l'autre italienne.

Pour une analyse de risque

Sur la base de ces travaux, le groupe consultatif d'experts a préconisé le respect du principe de précaution en matière de réglementation des champs électromagnétiques dans le spectre de la radiofréquence. Un éventuel changement des limites actuelles devrait faire l'objet «d'une analyse de risque complète».

Le Conseil d'Etat vaudois juge que «cette recommandation doit être suivie». Il est «préoccupé face à la démarche hâtive du Conseil fédéral visant à changer les normes sans attendre les résultats de cette analyse», écrit-il dans sa réponse.

«Véritable torture»

Echapper aux rayonnements non ionisants (RNI) est «un vrai casse-tête» pour les personnes souffrant d'intolérance aux champs électromagnétiques. Ces personnes sont à la recherche de zones blanches où elles pourraient éviter «cette véritable torture». «Le maintien et la création de telles zones sont indispensables maintenant», affirme Sabina Glauser Krug dans son interpellation. (ats)

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