FIFA: Sepp Blatter: «J'essaie d'apprivoiser le monstre»
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FIFASepp Blatter: «J'essaie d'apprivoiser le monstre»

Le Haut-Valaisan de 79 ans n'est pas lassé du pouvoir. Le président de la FIFA a accordé une interview exclusive à «20 Minuten». Morceaux choisis.

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sco/gyb
Sepp Blatter briguera un nouveau mandat.

Sepp Blatter briguera un nouveau mandat.

Sepp Blatter, il reste trois semaines jusqu'à l'élection du prochain président de la FIFA. L'une des conditions de cette interview exclusive et qu'aucune question ne soit posée à ce sujet. Pourquoi?

C'est très simple. Je suis le président et pas un candidat. C'est pourquoi je ne veux pas parler de ce vote.

Cette discussion a lieu à votre siège principal à Zurich que la FIFA a bâti pour 240 millions de francs. En outre, le musée de la FIFA est en construction pour 75 millions. Ces 300 millions sont-ils un signe que, Sepp Blatter ou non, la FIFA est plus qu'implantée à Zurich?

Oui, la FIFA reste à Zurich. Tout comme le CIO est à Lausanne. Personne ne fera partir la FIFA d'ici. Pour déplacer le siège principal, 75% du congrès doit voter dans cette direction. Mais croyez-moi, les délégués viennent très volontiers en Suisse. La Suisse est un paradis.

Le conseiller national Cédric Wermuth dit que la FIFA pose un problème d'image pour Zurich et pour la Suisse...

... C'est son opinion personnelle.

La FIFA se sent-elle toujours bienvenue ici?

Naturellement! Demandez donc au Département des affaires étrangères, à Berne, à quel point ils apprécient la FIFA. Cette organisation met Zurich et la Suisse au centre de l'échiquier du football. Ici, nous employons 400 personnes de 39 pays différents.

Du côté des impôts, vous apprécie-t-on autant?

Nous payons des impôts. Nos finances sont en accord avec les standards IFRS pour les sociétés cotées en bourse. Nous payons des impôts alors qu'en tant qu'association nous ne devrions pas le faire.

Dès lors, pourquoi le faites-vous?

Nous partons du principe que nous devons payer des impôts sur l'argent que nous gagnons. En 2013, nous avons payé 17 millions à la ville de Zurich et 36 millions en 2014. N'oubliez pas une chose: l'UEFA et le CIO ne paient pas d'impôts.

Comment expliquez-vous le problème d'image de la FIFA? Le CIO attribue les Jeux olympiques d'hiver à la Russie et d'été à la Chine et n'est que marginalement critiqué. Vous donnez la Coupe du monde à la Russie et au Qatar et vous êtes énormément remis en cause.

C'est très simple. C'est le football! Les Jeux olympiques d'hiver n'ont pas une diffusion globale. Regardez seulement le tableau des médailles lors des épreuves de ski alpin. Il y a à peine 10 nations représentées. Le football fait vibrer le monde entier. Selon le journal allemand «Handelsblatt», il y a 1,6 milliard de personnes directement ou indirectement en relation avec le football. Toutes ces personnes sont plus intelligentes que le coach, meilleures que l'arbitre. Le football dégage une énergie incroyable. Je suis actif depuis quarante ans dans ce milieu. La force cachée dans ce sport est magnifique, même si parfois elle est aussi effrayante.

La FIFA a-t-elle enfanté un monstre?

C'est exactement ce que mon prédécesseur João Havelange m'a dit un jour: «Sepp, tu as créé un monstre.» Havelange était plus en retrait et conservateur lorsqu'il s'agissait de parler du développement du football. Moi, j'avais une autre vision et lui ai répondu: «Oui, mais j'essaie de l'apprivoiser.» Lorsque je suis devenu président de la FIFA, j'ai pu profiter d'un mariage révolutionnaire: le football et la télévision. Cela a généré un développement économique majeur.

Le 29 mai, vous serez candidat pour un 5e mandat à la tête de la FIFA. Pourquoi n'avez-vous jamais formé un successeur, comme João Havelange l'avait fait avec vous?

Havelange n'a jamais formé de successeur. C'est son successeur qui s'est construit tout seul. Mais nous verrons déjà si le 29 mai je suis à nouveau élu. Si c'était le cas, j'aurais quatre ans pour préparer l'avenir.

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