Vaud: Sept ans de prison pour le convoyeur de fonds
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VaudSept ans de prison pour le convoyeur de fonds

Un convoyeur de fonds suisse, cerveau d'un braquage en décembre 2015 à Bussigny (VD), a été condamné jeudi par le Tribunal criminel de Lausanne. Ses deux complices et sa sœur ont écopé entre 4 et 5 ans de prison ferme.

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apn
Le palais de justice de Montbenon. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Le palais de justice de Montbenon. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Keystone/Jean-christophe Bott

Le verdict de l'affaire d'un hold-up avec un butin de 2,135 millions de francs qui s'est produit le 30 décembre 2015 à Bussigny (VD) a été rendu jeudi en début d'après-midi. A., le convoyeur de fonds suisse qui a orchestré le braquage s'est vu infliger une peine de sept ans de prison ferme par le Tribunal criminel de Lausanne. Deux de ses complices ont été condamnés à 4 et 5 ans de prison ferme pour brigandage qualifié, induction de la justice en erreur, blanchiment d'argent. La sœur du convoyeur, qui a pris le commandement du gang une fois le braquage commis, a écopé d'une peine de 4 ans ferme.

En gestation depuis l'automne 2015

C'est en septembre 2015 que l'idée du braquage a commencé à germer chez le convoyeur de fonds de 32 ans, né au Brésil d'un père alémanique. Il a convaincu deux Brésiliens et un ancien militaire portugais (introuvable depuis le braquage) pour mener l'opération. Après plusieurs opérations de repérages sur le lieu du braquage, le gang a frappé le 30 décembre 2015 aux environs de 19h35. Le convoyeur et un de ses collègues venaient de quitter le local de dépôts de fonds de l'entreprise qui les employaient. Ils devaient transporter deux caisses remplies de liasses de billets. C'est à ce moment que deux malfaiteurs ont surgi. Ils ont entravé et bâillonné les deux hommes avant de s'enfuir en voiture avec un butin constitué de 2,134 millions de francs suisses et 5'205 euros. Dès que les bandits sont partis, A. a dissuadé son collègue de se libérer trop vite de ses entraves en lui faisant croire que c'était risqué. Le convoyeur véreux voulait en fait permettre à ses complices d'être hors de portée des policiers au moment de l'alarme. Quand il a lancé l'alerte à 20h11, il savait que ses acolytes et le butin étaient en lieu sûr.

Il a la berlue devant tant d'argent

Mais, rapidement, le cerveau du hold-up a été submergé par ses émotions devant tant de liasses d'argent dont il ne savait plus trop quoi faire. Dépassé, l'homme a appelé sa sœur. Celle qui a repris les choses en main a été décrite par le président Pierre Bruttin sous les traits d'une «manipulatrice larmoyante et vénale». Après avoir compté manuellement le butin, ils ont voulu investir l'argent dans des projets hôteliers au Brésil. L'homme et sa sœur ont commencé, dès janvier, à envoyer des centaines de milliers de francs via des agences de transferts de fonds. Pour brouiller les pistes, ils ont fait souvent appel à des hommes de main tant pour l'envoi que la réception de l'argent au Brésil. Ces transferts et des opérations bancaires ont fini par attirer le regard des enquêteurs.

Le convoyeur qui pleure, l'assureur qui rit

Finalement, près de la moitié du butin a été retrouvée dont notamment 824'300 francs qui avaient été placés dans un safe de la BCV à Coppet (VD). L'essentiel de cet argent retrouvé sera reversé à l'assureur de la société de transport de fonds. Sur les 2,1 millions du hold-up, A. n'aura réussi à dépenser que 17'485 francs et s'acheter une montre Tissot, qui a été saisie par la justice. Quant à ses investissements immobiliers dans son pays natal, il se serait fait flouer par des intermédiaires brésiliens aussi peu scrupuleux que lui. Du fond de sa cellule, l'ex-convoyeur pourra réfléchir à l'adage suivant: «Si la cupidité ne t'a pas tout fait perdre, c'est que tu n'es vraiment pas cupide.»

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