Vaud - Sept ans de prison requis contre le braqueur de l’hôpital
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VaudSept ans de prison requis contre le braqueur de l’hôpital

Le procureur a demandé, mardi, une peine ferme de 7 ans contre un toxicomane qui avait commis un hold-up à l’hôpital d’Yverdon en 2019.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Si les juges suivent le procureur, les accusés termineront derrière les barreaux.

Si les juges suivent le procureur, les accusés termineront derrière les barreaux.

Getty Images

«Pour le prévenu, l’occasion fait le brigand. Quand on lui a demandé pourquoi il s’était attaqué à un hôpital, il a déclaré que c'était le seul truc ouvert. Entre novembre et décembre 2019, il s’est lancé dans une frénésie criminelle qu’il faut sanctionner.» Le procureur Pascal Gilliéron a fustigé, mardi, le concours d’infractions commis par Lucien*, toxicomane de 23 ans. Il a requis une peine ferme de 7 ans contre ce jeune Suisse né dans la rue au Burkina Faso, d’une maman déficiente mentale et adopté quand il était bébé après 8 mois dans un orphelinat. Le procureur a également préconisé une mesure thérapeutique en ambulatoire pour le prévenu qui présente des «problèmes cognitifs».

Six ans requis contre l’autre braqueur

Second accusé également poursuivi pour brigandage qualifié, Alessandro* a eu, selon le procureur, un «bon comportement» depuis la fin de sa détention préventive. Mais sa responsabilité demeure lourde. Il a requis une peine de 6 ans contre ce jeune ouvrier qui rêve d’une carrière musicale dans le rap. Avocat de la réceptionniste de l’hôpital d'Yverdon menacée avec une machette par Lucien et d’une infirmière agressée sur le parking de l’hôpital, Me Raphaël Hämmerli a dénoncé «une attaque froide, brutale et sans scrupule» de la part d'un «monstre d’égoïsme à écarter le plus longtemps possible de la société». Il a réclamé un tort moral de 20’000 francs pour chacune de ses deux clientes.

Avocate d’Alessandro, Me Annie Schnitzler a invité le président et les juges du Tribunal criminel du Nord vaudois à «tenir compte de la détresse et de la misère des jeunes prévenus qui sont à la croisée des chemins». Elle a également souligné qu’il n'existait «aucune preuve concrète» indiquant que l’ouvrier et rappeur avait fait courir aux victimes «un risque de danger de mort imminent et très élevé». L’avocate a rappelé une injonction du Tribunal fédéral contre les peines plancher quand «une peine plus clémente suffit à détourner le prévenu d’autres infractions». Partant du fait que son client avait réalisé un parcours sans faute depuis la fin de sa préventive en mars 2020, Me Schnitzler a plaidé «une peine avec un très long temps d’épreuve pour l’aider à rester sur le bon chemin». Soit une peine avec sursis pour offrir «une dernière chance» à l’accusé âgé de 22 ans.

Me Elodie Gallarotti est revenue sur le parcours de vie dramatique de Lucien, «abandonné dès sa naissance, en souffrance tout au long de sa vie, rejeté, harcelé, racketté, souffre-douleur de ses pairs durant son enfance et son adolescence et qui a touché le fond à cause de sa dépression et de la toxicomanie». Hormis les brigandages contre le taximan et la réceptionniste de l’hôpital, l’avocate de Lucien a nié l’implication de son client dans les autres vols à main armée qui lui sont reprochés. Me Elodie Gallarotti a aussi rappelé que l’expertise avait révélé une responsabilité pénale diminuée en raison d'un retard cognitif qui a valu à Lucien l'octroi d'une rente AI. Elle a plaidé une peine de moins de trois ans. Le verdict sera rendu lundi à 16h.

*Prénoms d’emprunt

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