Sept ans et demi de prison pour avoir égorgé son fils
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Sept ans et demi de prison pour avoir égorgé son fils

L'homme ayant égorgé son fils de trois ans et demi en octobre 2004 à Fribourg dans le cadre d'une dispute sur l'extension de son droit de visite a écopé vendredi de 7 ans et demi de réclusion.

Le Tribunal pénal de la Sarine l'a reconnu coupable de meurtre.

L'homme est en outre astreint à suivre une psychothérapie ambulatoire. Le tribunal l'a en revanche acquitté au bénéfice du doute des préventions de viol et de contraintes sexuelles contre son ex-épouse.

L'homme est aussi condamné à verser 50.000 francs à son ex- épouse pour tort moral. Cette dernière a non seulement été privée de son enfant, mais elle a vécu sa mort dans des conditions atroces.

Bain de sang

En octobre 2004, à la suite d'une séance difficile au service de la jeunesse, l'homme s'est emparé de l'enfant et s'est enfui. Il a été s'enfermer dans les toilettes d'un centre commercial avec le petit à qui il a tranché la gorge et les poignets. Il s'est également mutilé lui-même.

La mère est la première à les avoir découverts: elle a empoigné son fils et l'a mené au pas de course dans une clinique voisine. En vain. Deux jours plus tard, le bambin succombait.

«Très lourde culpabilité»

«Atroce» est un mot qui est souvent revenu au cours de ce procès. Le président du tribunal Jean-Marc Sallin y a recouru pour qualifier l'acte de l'infanticide, dont il a souligné la «très lourde culpabilité» et l'égoïsme des mobiles.

Le Tribunal a largement suivi sur le fond le réquisitoire du Ministère public. Ce dernier avait cependant requis neuf ans de réclusion. Son représentant Laurent Moschini s'est dit toutefois satisfait du jugement à l'issue de l'audience.

Comme le Ministère public, le Tribunal n'a pas retenu les accusations de viol et de contraintes sexuelles. Le procureur avait renoncé mercredi à ces chefs d'accusation, remplissant d'aise la défense. Non que le procureur ait mis en doute la parole de la plaignante.

Ni violence, ni contrainte psychologique

Mais il a tenu compte des relations ambiguës des époux, qualifiées d'amour-haine par la défense, et du fait que, juridiquement, les relations sexuelles que l'épouse avait le sentiment d'avoir à subir par peur de représailles contre ses enfants ne relevaient pas du viol, quand bien même ils vivaient officiellement séparés.

Le Tribunal a retenu une responsabilité diminuée de 50 %, alors que la palette des trois psychiatres ayant eu à se prononcer allait de faiblement à fortement diminuée. Se fondant sur l'un de ces avis, l'avocat de la défense Michel Bussey avait plaidé une responsabilité fortement diminuée, une peine atténuée ou l'exemption de peine, tout en admettant l'accusation de meurtre.

Hargne

L'avocat de la mère et de la demi-soeur de la petite victime Pierre Mauron avait réclamé une peine maximale ou l'internement, vu la dangerosité de l'homme. Ce dernier ne cache pas une véritable hargne et des sentiments de rage contre son ex-épouse, «une véritable catastrophe», source de tous ses malheurs.

«Elle m'a volé mon enfant», s'est-il exclamé au cours d'un procès où il a constamment adopté la posture d'une victime. Il l'a répété sur tous les tons: «Moi aussi je souffre, moi aussi j'ai perdu mon enfant».

L'homme s'en est déjà pris à son ex-épouse, lui cassant une fois la machoire ou la recherchant dans un centre de Solidarités Femmes son fusil d'assaut à la main. Expédition qui lui avait valu trois mois à l'ombre. (ats)

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