Arrestation musclée: Sept gardes-frontière sur le banc des accusés

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Arrestation muscléeSept gardes-frontière sur le banc des accusés

Sept gardes-frontière se retrouveront devant la justice militaire, le 30 septembre à Meyrin (GE).

Ils devront répondre d'une arrestation musclée qu'ils ont effectuée à Genève en juin 2003, alors que le G8 se réunissait à Evian (F).

Les gardes-frontière sont poursuivis pour voie de fait, lésions corporelles, et subsidiairement pour enlèvement et séquestration, a indiqué mardi Thomas Barth, l'avocat d'un des accusés, confirmant une information révélée le même jour par la «Tribune de Genève». Les fonctionnaires devraient tous plaider l'acquittement.

Un contrôle qui dégénère

Les faits se sont déroulés en juin 2003, pendant le Sommet du G8. Un garde-frontière contrôle une voiture aux plaques françaises dans laquelle se trouvent trois hommes. Le douanier recommande au conducteur d'acheter la vignette autoroutière. Pendant ce temps, un des passagers prend le fonctionnaire en photo avec son téléphone.

Le garde-frontière signale à l'occupant de la voiture que le prendre en photo est interdit. Le ton monte et le douanier se penche par la fenêtre de l'auto pour s'emparer du portable. Il est alors ceinturé par l'un des hommes, puis plaqué au sol, a expliqué M.Barth. Le fonctionnaire appelle ses collègues à l'aide.

Ils interviennent, l'arme dégainée pour certains. Un des gardes- frontière utilise du spray au poivre contre un agresseur pour lui faire lâcher prise, a expliqué M. Barth. Les trois hommes sont maîtrisés, menottés et enfermés. Ils devront attendre ainsi plusieurs heures, avant l'arrivée de la police.

Une longue procédure

Les plaintes déposées par les trois occupants de la voiture mettent en branle la justice militaire. Visiblement, celle-ci considère l'affaire comme importante. Six ans sont nécessaires pour instruire le dossier. Un temps considérable probablement dû aux lenteurs inhérentes à la procédure pénale militaire, a relevé M. Barth.

Sauf surprise, les accusés, qui ont tous leur propre avocat, vont plaider l'acquittement. Un des douaniers a été victime d'une agression violente, a rappelé M. Barth. L'intervention musclée de ses collègues, dans le contexte tendu qui était celui du G8 à l'époque, peut se comprendre. Le procès doit durer deux jours.

(ats)

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