France: Sept policiers condamnés pour calomnies
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FranceSept policiers condamnés pour calomnies

Sept policiers jugés à Bobigny pour avoir accusé un homme à tort, ont été condamnés vendredi à des peines de six mois à un an de prison ferme.

Sept policiers jugés à Bobigny pour avoir accusé un homme à tort, ont été condamnés vendredi à des peines de six mois à un an de prison ferme, un jugement qui a suscité la fureur de leurs collègues et qui, selon Brice Hortefeux, «peut apparaître légitimement disproportionné» aux forces de sécurité.

Trois mois après les faits, les fonctionnaires de 23 à 32 ans, ont accueilli dans l'abattement une décision suivie de la colère de policiers venus manifester à 200 devant le tribunal, toutes sirènes hurlantes, jusqu'à leur dispersion à 19H00.

Le parquet, qui avait réclamé du sursis, a dit son intention d'interjeter appel. Mais si ces condamnations étaient confirmées, elles marqueraient une fin de carrière pour cinq d'entre eux pour qui le tribunal a prononcé une inscription de la peine au casier judiciaire.

Ce jugement «peut légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné», a jugé le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. Il a laissé «très étonné» le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert.

Par la voix de l'ex-garde des Sceaux Marylise Lebranchu, le PS a condamné «avec fermeté» cette manifestation qui appelle «des sanctions immédiates contre ceux qui viennent de mettre en cause publiquement la justice alors qu'ils sont dépositaires de l'autorité publique».

Les syndicats policiers ont eux violemment mis en cause les magistrats de Bobigny qu'ils accusent régulièrement de laxisme.

«Ce tribunal est connu pour receler les pires idéologues de la culture de l'excuse quand il s'agit de remettre dehors à tour de bras les trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs de tentatives d'homicide, etc.», a déclaré Synergie-Officiers. Son secrétaire général, Patrice Ribeiro, a condamné «un acte politique et syndical», allusion au Syndicat de la magistrature (SM, gauche) bien implanté dans ce tribunal.

Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, s'est offusqué que «des multi-récidivistes, dans ce tribunal et ailleurs, ne sont pas, eux, condamnés comme il se doit, ou remis en liberté».

A la sortie du tribunal, des avocats exprimaient leur réprobation devant la réaction des policiers, l'un d'entre eux jugeant qu'ils devraient «faire profil bas» après une affaire «pas reluisante pour la police».

Le 9 septembre à Aulnay-sous-Bois, un policier est percuté par une voiture après une course-poursuite. Lui et ses collègues décident de mentir et accusent sur procès-verbal le conducteur de la voiture qu'ils poursuivaient.

Ce dernier est placé en garde à vue pour tentative d'homicide sur fonctionnaire de police, passible de la perpétuité. Au fil des heures, les témoignages des policiers s'effondrent: des collègues d'une deuxième voiture étaient à l'origine de l'accident.

Ils ont été jugés le 4 novembre pour "dénonciation calomnieuse" et «faux en écriture». Trois étaient également jugés pour «violence aggravée»: la victime avait reçu des coups après son interpellation.

Trois prévenus ont été condamnés à un an de prison, un à 9 mois, un autre à 7 mois et deux à 6 mois.

Le tribunal a mis en avant «la gravité des faits» et expliqué avoir tenu compte de l'attitude des prévenus «devant l'IGS (Inspection générale des services, police des polices) et devant le tribunal».

«Les raisons politiques l'emportent, (...) il faut nourrir la vindicte des cités», a réagi l'avocat d'un des policiers, Me Stéphane Amrane, selon lequel «d'un côté, on libère des gens qui trafiquent de la cocaïne et de l'autre, on met en prison des policiers innocents».

(afp)

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