Actualisé 11.04.2011 à 16:06

Séquestrée de 10 à 18 ans

Des tests ADN ont confirmé que la jeune fille de 18 ans, retrouvée errante près de Vienne, était bien Natascha Kampusch, séquestrée durant huit ans.

Les enquêteurs s'interrogeaient sur la personnalité de son ravisseur et sur d'éventuels complices.

«Le profil (génétique) de la jeune fille qui a disparu il y a huit ans correspond», a déclaré vendredi Gerhard Lang, un haut responsable de la police de Vienne, en annonçant les résultats des analyses ADN. «Il n'y a qu'une chance sur 23 milliards que ce ne soit pas le cas. Pour nous, c'est une preuve suffisante.»

Epreuve surmontée

Gardée le plus souvent dans une oubliette insonorisée, Natascha a soudainement refait surface mercredi soir en échappant un instant à l'attention de son kidnappeur, un homme âgé de 44 ans. Ce dernier s'est suicidé peu après.

La jeune fille, tenue à l'écart dans un hôtel en compagnie d'une psychologue, a, du moins en apparence, surmonté de façon surprenante son calvaire, tant physiquement qu'intellectuellement, selon les policiers et ses parents.

«Elle est en bonne condition, sans traces de blessures. C'est devenu une belle jeune fille», a précisé M. Lang à la radio autrichienne. Les experts soulignent toutefois les risques de traumatismes psychologiques à long terme, après un isolement prolongé avec une seule personne.

La police a fait savoir qu'elle tentait de déterminer si le ravisseur avait agi seul. Une camarade de classe de Natascha a témoigné avoir vu un second homme avec le ravisseur lors du rapt le 2 mars 1998 avec une fourgonnette blanche.

Pas un pédophile

Pendant ce temps, les experts psychiatres, cités dans les médias aujourd'hui, s'interrogeaient sur la personnalité du kidnappeur. Ils penchaient a priori pour la thèse d'un homme discret animé par une volonté de domination, plutôt que pour celle d'un pédophile voulant violer et détruire ses victimes comme le fit le Belge Marc Dutroux.

Ainsi si des abus sexuels contre la fillette, enlevée à l'âge de dix ans sur le chemin de l'école, restaient encore incertains, il est en revanche sûr que le ravisseur a éduqué sa victime. Sabine Freudenberger, une jeune policière, qui a recueilli le premier témoignage de Natascha Kampusch après son évasion, s'est émerveillée «de sa haute intelligence, de son vocabulaire».

Son ravisseur lui faisait faire des tâches ménagères, «il l'avait éduquée», lui donnait beaucoup de livres, lui laissait aussi écouter la radio et regarder la télévision. Elle avait droit à une «très bonne hygiène», a-t-elle ajouté. Mais il l'obligeait au début à lui dire «maître» quand elle s'adressait à lui.

«Sadique extrême»

Le psychiatre criminologue Thomas Müller dresse, dans le journal Die Presse, le profil d'un «sadique extrême, pour qui il s'agit de dégrader la personne dont il fait sa chose, et non pas de la torturer».

Ces personnalités obsessionnelles, introverties, qui peuvent sembler aimables de l'extérieur, «ne supportent aucune résistance», selon M. Müller. (ats)

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