Actualisé 06.07.2020 à 18:06

Diplomatie

Serbie et Kosovo reprennent le dialogue cette semaine

Les deux pays vont reprendre le dialogue lors d'un sommet vendredi en visioconférence, puis lors d’une rencontre entre leurs dirigeants dimanche à Bruxelles afin de tenter de régler l'un des conflits territoriaux les plus épineux d'Europe.

A gauche, le premier ministre kosovar Avdullah Hoti fera face au président serbe Aleksandar Vucic vendredi.

A gauche, le premier ministre kosovar Avdullah Hoti fera face au président serbe Aleksandar Vucic vendredi.

AFP

Belgrade refuse de reconnaître l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province méridionale après la guerre sanglante de la fin des années 1990 dans laquelle l'Otan a joué un rôle déterminant.

Vendredi, le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (et non le président mis en accusation pour crimes de guerre), participeront à un sommet en visioconférence avec le président français Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel, le haut-représentant de l'UE pour les Affaires étrangères Josep Borell ainsi que le représentant spécial de l'UE pour les Balkans occidentaux, Miroslav Lajcak.

L'objectif est de «relancer le dialogue» pour «permettre à l'UE de faciliter la solution de leurs différends», selon la présidence française qui précise que le sommet est à l'initiative de M. Macron.

Deux jours plus tard, les deux dirigeants se rendront à Bruxelles, pour leur première rencontre dans le cadre du dialogue facilité par l'UE, depuis novembre 2018.

«Ce n'est pas un hasard si nous continuons le dialogue dimanche, après la réunion de vendredi», a souligné Peter Stano, porte-parole des services extérieurs de l'UE. «Ce sont des évènements complémentaires».

«Cette réunion va relancer les discussions et le travail sur un accord global et juridiquement contraignant sur la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, portant sur tous les dossiers en suspens», a expliqué M. Stano.

Crimes de guerre

Ces initiatives interviennent alors que le président kosovar Hashim Thaçi vient d'être mis en accusation pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie (1998-99) par les procureurs du tribunal spécial de la Haye fin juin.

Sa mise en accusation avait entraîné le report d'un autre sommet Serbie-Kosovo prévu le 27 juin à la Maison Blanche qui voulait jouer les médiateurs dans ce conflit entre Européens. Les Etats-Unis avaient été un des principaux acteurs de l'opération de l'Otan contre les Serbes en 1999.

Deux jours avant ce sommet, le chef de l'Etat kosovar avait rebroussé chemin, alors qu'il était déjà en route pour les Etats-Unis, quand le Tribunal spécial pour le Kosovo a annoncé sa mise en accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le président kosovar a déclaré qu'il démissionnerait «immédiatement» si les accusations du Tribunal spécial pour le Kosovo étaient confirmées par une inculpation formelle.

Plus de 13’000 morts

En attendant, c'est donc son Premier ministre qui participera à ces évènements. Avdullah Hoti s'entretiendra d'ailleurs dès mardi à Paris avec le président Emmanuel Macron, a annoncé son service de presse.

Cette rencontre traduit «l'attention et l'engagement du président Macron envers le Kosovo et son avenir euro-atlantique», a-t-il souligné dans un communiqué.

Un premier sommet s'était tenu à Berlin en avril 2019, où la Serbie et le Kosovo avaient accepté, sous égide de la France et de l'Allemagne, de reprendre leurs pourparlers, vingt ans après leur conflit armé.

A l'époque les deux pays avaient prévu de se retrouver quelques mois plus tard à Paris mais leur dialogue s'est de nouveau enlisé, de mauvaises relations qui freinent la procédure d'adhésion de la Serbie à l'UE.

Début juin, le nouveau gouvernement kosovar a fait un pas vers le dialogue avec Belgrade en levant toute entrave à l'importation de produits serbes.

Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13’000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

(AFPE)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!