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GenèveSerial home-jacker: internement requis

Le Ministère public genevois a réclamé mardi une lourde sanction contre l'homme qui avait commis deux home-jackings à un mois d'intervalle en 2015.

par
leo

«Trop, c'est trop, il est temps de mettre un terme à son parcours criminel», a déclaré mardi le procureur Antoine Hamdan, au moment de requérir contre le criminel multirécidiviste qui s'était notamment attaqué à la même villa à quatre ans d'intervalle. Une peine de treize ans et une mesure d'internement ont été requis. Le représentant du Ministère public a souligné le caractère «exceptionnel» de cette affaire: «Une récidive contre les mêmes victimes est extraordinaire dans les annales de la justice.» Il a rappelé les «antécédents catastrophiques» de l'accusé et retenu toutes les charges, notamment le brigandage et la prise d'otage. Pour le procureur, «la récidive est quasi certaine».

Pour rappel, ce trentenaire tunisien, domicilié à Bellegarde (F) au moment des faits, est accusé, entre autres, d'avoir commis deux cambriolages à un mois d'intervalle, l'un en mars 2015 dans une villa de Corsier et l'autre en avril dans une propriété de Collonge-Bellerive. C'est d'ailleurs dans cette même propriété qu'il avait perpétré un premier home-jacking en 2011 et pour lequel il avait été condamné à cinq ans et demi. Au bénéfice d'une liberté conditionnelle, il était ressorti en mars 2015, peu avant de s'attaquer à la maison de Corsier. Dans les deux cas, le mode opératoire a été le même: encagoulé, le prévenu a menacé les occupants avec une arme, puis s'est fait remettre leurs valeurs, avant de repartir avec un otage dans un de leurs véhicules.

Peine «compréhensible» demandée

«Ce n'est pas parce qu'il y a un risque de récidive que l'internement doit s'appliquer», a déclaré mercredi Me Vincent Spira, avocat du prévenu. L'homme de loi s'est opposé à la mesure réclamée la veille par le Ministère public, ainsi qu'aux 13 ans de prison requis. Il estime que son client n'est pas le dangereux criminel dépeint par le procureur et qu'un traitement ambulatoire serait préférable à l'internement. «Il faut qu'il y ait une justice compréhensible», a dit la défense, rappelant qu'une peine moins lourde avait été demandée dans le cadre d'une affaire récente, où un homme était mort. Le verdict est attendu jeudi.

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