Actualisé 24.02.2009 à 19:54

jugement

Séropositif acquitté après des rapports non protégés

Le jeune homme était traité et son virus était indétectable. Il n'a pas contaminé ses deux partenaires.

de
Giancarlo Mariani

«On attendait ce verdict avec impatience», s'est réjouie mardi Deborah Glejser, porte-parole du Groupe sida Genève. «A ma connaissance, il s'agit d'une première mondiale qui va bouleverser la jurisprudence», s'est-elle enthousiasmée.

«C'est en tout cas la première fois que la justice prend clairement en compte une avancée médicale majeure liée au sida», s'est félicité mardi le Pr Bernard Hirschel, chef de l'Unité sida des Hôpitaux universitaires de Genève. «Une personne séropositive traitée depuis au moins six mois et avec un taux de virus dans le sang très bas ne pourra plus être accusée de transmettre la maladie en cas de rapports sexuels non protégés», a-t-il encore souligné.

En janvier, il avait été cité à la barre en qualité d'expert. Le substitut du procureur, Yves Bertossa, avait alors retenu la «virémie indétectable» comme argument valable pour demander l'acquittement. Il a été suivi lundi par la Cour de justice. Celle-ci a acquitté le prévenu séropositif des charges de délits manqués de lésions corporelles graves et de transmission d'une maladie de l'homme.

Les deux partenaires avec lesquels il avait entretenu des rapports sexuels non protégés n'avaient pas été contaminés. Ils ont trente jours pour recourir. «Attention, le risque de contamination subsiste lorsque les séropositifs ne sont pas traités. Ou quand le virus reste détectable dans le sang», a tenu à rappeler le Pr Hirschel.

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