Genève - Service à l’agonie: des éducateurs appellent à l’aide 
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GenèveService à l’agonie: des éducateurs appellent à l’aide

En raison des soucis financiers de la fondation qui la chapeaute, l’Action préventive en milieu familial a perdu la majorité de ses effectifs. Personnel et syndicat demandent que le service passe en mains de l’État.

par
David Ramseyer
Images prétexte.

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Getty Images/PhotoAlto

«En raison d’un manque de financement que nous espérons temporaire, nous avons le regret de devoir diminuer (…) (nos) interventions au domicile des familles», affiche la page internet de l’APMF, l’Action préventive en milieu familial. Appuyés par le syndicat SIT, des éducateurs ont tiré la sonnette d’alarme, mercredi.

Postes récupérés? Pas sûr

Depuis le mois de juin, sur neuf postes à temps partiel, il n’en reste que deux. Et ce, en raison des difficultés de trésorerie de la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ), qui chapeaute le service. Ce dernier intervient gratuitement à domicile, sur demande de parents en difficulté avec leurs enfants, pour résoudre des conflits et proposer une aide éducative.

Une partie des postes pourraient être récupérés l’an prochain, si les comptes de la fondation, financée notamment par des dons privés et les communes, se portent mieux. «Mais c’est sans garantie», a averti Alice Lefrançois, secrétaire syndicale. Au bénéfice d’un contrat de prestation avec le Canton, le service aujourd’hui sinistré traite en moyenne plus de 200 dossiers par an.

Au pire des moments

Avec la crise liée au Covid, la situation de nombreux foyers s’est dégradée (décrochages scolaires des jeunes, hausse des tensions dues au confinement, précarisation des parents, etc.). La récente réduction drastique des effectifs intervient donc au pire moment. «Nous sommes extrêmement inquiets pour les parents et les enfants qui ont besoin de nous, a avoué Sylvia, éducatrice. La situation de l’APMF pourrait à terme avoir un effet désastreux sur eux, avec une rupture des liens familiaux, scolaires et sociaux.»

Canton appelé à l’aide

Aujourd’hui, personnel et syndicat demandent que l’État éponge le déficit de l’APMF et le finance intégralement. Une lettre en ce sens a été envoyée au Département de l’instruction publique (cf. encadré ci-dessous). De telles mesures feraient sens, selon un éducateur de la FOJ. «À la suite de critiques contre le système genevois de protection de l’enfance, une commission du Grand Conseil a récemment souligné qu’une des pistes d’amélioration était le développement du soutien préventif aux parents. C’est exactement ce que fait l’APMF.»

L’État déjà au chevet des parents

Le Département de l’instruction publique (DIP) a pris acte de la demande de l’APMF. Mais il n’entend pas se prononcer pour l’heure. Il note cependant que l’offre de premier recours fournie par le service existe dans certaines communes grâce à des fonds municipaux et «prend tout son sens dans la proximité communale». Le DIP relève par ailleurs que le Canton propose déjà «une grande palette de prestations en soutien à la parentalité, par l’entremise de l’Office de l’enfance et de la jeunesse.» Des prestations que le DIP «compte encore développer ces prochaines années».

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